25.04.2009
(9) Mais les passants n'étaient pas les seuls
Mais les passants n’étaient pas les seuls intrigués. Ce jeudi était veille du jour où le gardien, qui s’était absenté pour aller voir sa vieille mère en Picardie, revenait à son poste. Descendant du train il ne put s’empêcher de faire un détour par le parc avant de rentrer chez lui. Cet hectare de verdure au cœur de la ville c’était son univers. Depuis 15 ans déjà il y faisait régner l’ordre. Il jouait à merveille le gardien bourru et grincheux, lui qui toute sa vie d’avant avait fait rire des légions d’enfants dans le cirque dans lequel il était clown. Mais le cirque avait fermé, alors il était devenu gardien.
L’entrée du parc était encore à une centaine de mètres quand son instinct fut alerté. La rue qui longeait son domaine était bizarrement silencieuse. Non qu’il n’y eut pas de voiture, mais elles roulaient … sans faire de bruit. Il eut peur un instant d’avoir perdu l’ouïe et maugréa contre la vieillesse qui emportait ses forces. Mais, soudain, il entendit la voix. Elle semblait venir du parc. Que se passait-il ? Qui avait décidé sans le prévenir d’y organiser une manifestation ? Il se précipita à l’intérieur, au comble de l’énervement. Si « on » avait l’intention de passer outre son avis, « on » verrait bien de quel bois il se chauffe.
Décidemment c’était le monde à l’envers, il regarda sa montre, 17h30, mais pourquoi son parc était-il vide ?
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