01.05.2008

déshabituation

733328542.jpgl'être peine à ne devoir être que partiel

chaque nouvel autre comme une mise en doute

effleurement plus qu'emportement,

l'absolu...

...mais contenu,

je vous aime rarement, ne devrais-je pas m'en déshabituer ?

photo : Didier

29.04.2008

sonorités

Une cloche à toute volée, la voix d’un chien

Mon esprit de rêve peine à donner un sens à ces sonorités

Il choisit de m’éveiller,

Le son du dernier carillon résonne encore,

Je laisse ce réel autre m’envahir

Le chien s’est apaisé, un peu au loin de l’eau qui coule, l’image se forme de l’abreuvoir à quelques pas de la maison

Quelques sonnailles, les brebis n’ont pas encore rejoint les estives

Les sons se distinguent nettement dans l’air d’altitude,

Je quitte la chaleur du lit, le jour est levé, l’air encore frais

J’emporte mon café dehors pour emplir mon regard des montagnes autour, cet espace respire la sérénité

24.04.2008

histoire à flots

Le premier choix sera celui de la saison,

L’été n’est pas approprié, il vous serait agréable, mais vous auriez du mal à être seul pour réaliser l’opération. L’automne est par trop triste et puis c’est saison de pluies et de gris, il vous faut de la lumière, pour la suivre longtemps des yeux. L’hiver est intéressant, les lieux seront déserts, les tempêtes propices, mais les jours sont courts et le froid risque de faire trembler vos mains alors qu’elles doivent être fortes et habiles. Alors retenons le printemps, vous y aurez la lumière et, si vous ne tardez pas trop dans la saison, les lieux seront calmes encore,

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Le second choix sera celui du jour, cela ne doit pas être un jour banal, vous risquez de vous en souvenir longtemps,

Un lundi ne conviendrait pas. Commence-t-on à changer de vie un lundi ? Mercredi, c’est le jour des enfants et il vous faut être seul. Un mardi ou un jeudi, ça n’a pas de sens, faux milieu, ni début ni fin de semaine. Dimanche est jour de promenade, il risque d’y avoir foule. Le samedi est un peu vulgaire,. Un vendredi serait bien, un jour d’avant vacances, d’avant liberté. Oui, disons, un vendredi…

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Puis vous aurez à choisir le lieu, avec soin. Il doit être désert, c’est impératif.

Il sera conforme à vos espérances; ont-elles des marges ? Alors vous choisirez la mer. Sont-elles sans bornes ? Alors seul l’océan vous satisfera…

La forme du rivage comptera également, il ne faut pas qu’il soit trop plat. Le mieux serait encore de vous procurer une carte marine, pour étudier les courants. Vous chercherez là où ils s’approchent le plus des côtes. Il faudra aussi éviter la trop grande proximité des ports. Il serait mieux que les flots soient déserts.

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Le jour réservé, l’heure aura aussi son importance; Il vous faudra vous munir d'un calendrier des marées, elles changent chaque jour. Vous élirez le juste moment de la pleine-eau, entre flux et reflux, le moment où l’onde semble immobile, où ,le va-et-vient interrompu, le courant latéral exprime sa pleine puissance,

Attention le moment est rare ! Si vous le manquez il vous faudra attendre une semaine de plus et, si la saison du printemps est trop avancée, vous risquez de perdre une année avant que l'instant ne se reproduise.

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Vous vous rendrez alors dans une papeterie, vous la choisirez spécialisée en beaux papiers. Vous chercherez une matière brochée, il faudra qu’elle soit suffisamment souple, tout en étant résistante. Vous éviterez les couleurs, ou alors seulement une légère touche ivoire. Vous demanderez plusieurs feuilles, non que vous puissiez multiplier l'exercice, un seul vous sera autorisé, mais il y a fort à parier qu’il vous faudra quelques brouillons avant d’être satisfait,

Dans la même boutique, vous choisirez votre plume. Vous n’avez là, pas le droit à l’erreur, elle sera la part la plus décelable de vous-même, il vous faudra en essayer plusieurs, vous devrez être aimable avec le vendeur. L’encre ne pourra qu’être noire, ou d’un gris soutenu.

J’allais oublier, vous devrez également acquérir un ruban ! Le mieux serait qu’il soit rouge et en soie naturelle. De tranche large pour ne pas abimer le papier

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De plume, de ruban et de feuilles munis, vous choisirez un lieu pour écrire. Prétez y attention, il restera gravé dans votre mémoire.

Un banc public pourrait faire l’affaire, ou une chaise dans un parc. Mais vous avez choisi le printemps, souvenez-vous, il ne faudrait pas que vos feuilles se transforment en buvard pour giboulées.

Un café serait approprié, vous le choisirez peu passant, il vous faudra du calme. Le décor vous inspirera, il serait bien que les murs en soient anciens, ils auront la mémoire d’autres que vous. Vous commanderez du thé, le thé sied à l’écriture.

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Alors vous commencerez à penser.

Le texte doit être court et précis. Il doit aussi donner à rêver. Vous ne commencerez à écrire que lorsque votre esprit aura formulé en vous les mots. Vous ferez quelques modèles. Heureusement vous avez plusieurs feuilles. Vous devrez absolument soigner votre écriture !

Puis vous roulerez le papier sur lui-même et l’entourerez du ruban.

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Restera alors une mission délicate. Il vous faudra chercher l’embarcation. Ses flancs devront être translucides. Elle devra être parfaitement hermétique, toute fortune de mer vous est interdite. Elle pourra être ouvragée, mais une plus modeste fera aussi bien l'affaire. Si ella a connu d'autres usages, vous la nettoierez avec soin.

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Et puis le jour dit, à l’heure convenue, sous le soleil encore un peu froid du printemps, sur le rivage choisi de mer ou d’océan, là où le courant s’approche le plus de la côte, au moment où la marée est immobile… vous glisserez le rouleau enrubané dans la bouteille, vous la refermerez avec soin, vous vous approcherez de l’eau, puis vous reculerez de quinze pas, vous prendrez alors votre élan et, de toutes vos forces, vous jetterez la bouteille à la mer… Vous la regarderez alors voguer jusqu’à ce qu’elle soit emportée par le courant.

Puis vous rentrerez chez vous et patienterez calmement. Vous vous rendrez chaque vendredi, à la même heure sur le rivage et attendrez que le flot immobile reparte de l’avant. Vous resterez jusqu’au reflux.

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Vous reviendrez saison après saison, jusqu’à ce que celle que vous attendez, trouve la bouteille, l’ouvre, extraie le rouleau, fasse glisser le ruban, déroule le papier broché fin mais résistant, découvre la plume et l’encre, lise vos mots, et… s’émerveille Puis qu’elle se rende dans une boutique, achète du papier et une plume, écrive d’une belle écriture douce et penchée… qu’elle est émue…. Et roule la feuille, l’enserre du ruban rouge, la glisse dans la bouteille, qu’elle calfeutrera avec soin, retourne sur le rivage un vendredi, choisisse le moment où la marée est suspendue, s’approche de la mer, recule de quinze pas, et lance l’embarcation dans le courant de toutes ses forces

Et un vendredi, à l’heure montante de la marée, vous verrez les vagues ramener vers vous cette drôle de bouteille translucide que vous aviez mis tant de temps à trouver.

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Vous l’ouvrirez fébrilement, noterez immédiatement que le papier n'est pas de même facture que le votre, alors, de vos mains tremblantes, vous ôterez le ruban, déroulerez la feuille… et lirez les mots de votre déjà bien aimée

 

 

 

23.04.2008

belle âme

la nuit fut à la déconstruction, au désorientement, au presque désespoir, le sable dans l'onde tourmenté,

le matin me trouva vide de sens, l'eau trouble encore

la journée se déroula, le soleil doucement perçant le flot s'éclaircissant,

la soirée s'approchant le coagula s'achève, le limon s'est posé

la force recomposée,

les choses à leur place,

la douceur à la sienne, la réalité aussi,

me reste le bonheur d'une belle âme rencontrée,

 

 

22.04.2008

imprudence

il aurait fallu que tu ne sois pas trop doux, que tu garde la distance,

il aurait fallu que tu la traites avec légèreté,

tu n'aurais pas trop dû lui parler

ne pas l'écouter non plus

elle aurait été plus prudente

elle t'aurait regardé de loin

elle t'aurait prété une oreille distraite

vous vous seriez quitté légèrement,

tu serais passé à autre chose,

elle t'aurait à peine gardé en mémoire

 

21.04.2008

secret

je laisse aller en moi le doux murmure, la légère impatience,

je fais silence comme on fait silence dans un lieu sacré, un peu intimidée,

comme on tait un secret partagé,

je frôle du bout des doigts la forme créée, fragile,

rêves d'emportements, de joies,

que je tente d'assagir,

 

20.04.2008

Landes

C’étaient des temps étranges

Ma mémoire s'effiloche à se souvenir

Les gens et les choses étaient tourmentés

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Je partais souvent vers la mer

Il suffisait de traverser les bois,

Je suivais les chemins guidée par le souffle des vagues au loin

Ils débouchaient sur une dune plateau, où les vents avaient chassé les arbres

L’océan apparaissait dans son horizon,

Les ciels étaient chargés de gris et de blanc

Les chemins se faisaient sentes entre les chardons

Il fallait encore marcher un peu pour apercevoir le rivage

. 

Je m’asseyais alors en haut de la dune,

La plage était immense et vide en ces temps d’hiver et d’automne

L’océan m’appartenait

Je restais là des heures,

A peine abritée par le renflement de la dune

Derrière moi les pins

Et plus loin encore la vie et ses tourments

J’écoutais le vent

Les vagues hypnotiques fluant et refluant,

Le sable était jonché de bois blancs d’avoir flottés,

Je rêvais de fortunes de mer

Je me confondais avec la dune

Quand le froid me prenait je descendais vers l’eau

Faisant naître des avalanches de sable

Je courrais à en perdre haleine

Et m’effondrais à la limite ou le sec devient humide

Les vagues de près semblaient plus fortes encore

Je m’allongais sur le lit du rivage

Et je plongeais mes yeux dans le gris et le bleu au dessus

Imaginant l'océan m’emportant

. 

Il fallait que la nuit tombe pour me rappeler

Je chassais les grains de sable de mes vêtements

Je remontais la dune

J’embrassais d’un dernier souffle l’immensité

Puis je reprenais sentes et chemins

Les pins s’assombrissaient

Je calais les images dans un coin de mon âme

Provisions pour plus tard

Mon chien approchait sa tête de ma main

Sa liberté aussi finissait,

voix

voix rieuses et graves, sonorités enmélées, vibrations induites du son, blancs écoutés entre les mots, souffles

encharmées,

patiente impatience

aurez-vous la patience et l'envie

de l'au-delà

de descentes dans les couches sédimentaires,

de montées dans la lumière,

celle de l'aprivoisement,

du risque pris de l'émotion,

de l'image écornée

de la joie qui palpite,

 

de l'ensoleillement ?

mascarade

le coeur a tout de suite compris, l'âme lasse a pris plus de temps à se replier,

le corps s'est mis en écran, fantassin

la lutte achevée, l'âme était vide, le coeur plus encore éloigné,

c'était une mascarade, peut-être l'a-t'il senti peut-être pas, une envie de se sauver derrière les yeux,

impression de rien, il n'y a rien, il n'y aura sans doute rien encore,

mais la pièce doit être jouée,

 

l'amour est sous les larmes