29.04.2008

manipulation

Ainsi c’était le faible qui manipulait le fort,
Se penchant pour mieux le faire trébucher
Il rendait le fort embarrassé de sa force,

Le vivant s’excusait presque de l’être trop,
Trop gai, trop triste, trop émerveillé,
Il se contraignait au terne
Mais il ne l’était jamais assez

L’immortel était le faible
Le mortel était le fort
Mais comme il aimait à être mortel !

Le faible en fit de trop, le fort s'efforça de toutes ses forces de s'éteindre, il se découvrit fragile,
Et cette fragilité lui donna la force de mettre le faible à distance,

comme on fuit l'éteignoir,

12.04.2008

colère

étouffante, sainte, sanglante, salée, béquille, fondation, fidèle, chienne, muette, hurlante, puante, bouillie, violente, houle, constante, nausée,

sans elle, le vide, la peur, le rien, l'amour terrifiant, attendu, espéré, terrifiant...

amnésie,

Tu m’es précieuse, ne t’en va pas, ensommeille encore mes souvenirs

Tu t’effiloche, un rien te fait céder

Je hais ta faiblesse après avoir haïs ta force

Je voulais te vaincre et j’ai peur de te perdre,

Je t’en prie ma très aimée, ne me dit pas trop vite, laisse moi encore un peu de temps

06.04.2008

grand écart

Je voudrais adopter une vie,

Me la faire toute simple

Avoir une vie à l’eau de rose

Un peu écœurante d’ennui

Une vie à bailler, qui n’intéresse personne,

Qu’on raconte en quelques mots, qui n’appelle aucune question,

Une vie banale et légère,rien pour faire un roman

Je voudrais des souvenirs tièdes et indistincts

Je voudrais la blanquette du dimanche midi, les chamailleries,

Les histoires d’il y a longtemps

Je voudrais que le temps soit dans l’ordre du temps,

 

 

au moment où j'écris cela, j'apprends l'hôpital, encore une fois le grand écart me saisit le coeur 

 

28.03.2008

ce que tu es,

1401179773.jpgSe mettre en face de soi, se prendre entre quatre yeux. Se dire voilà, tu sais, tu dois l’accepter Se sentir lutter et ne pas se lâcher...

Arrête de pleurer, arrête de crier, Ce qui n’est pas ne sera pas

S’orpheliniser, renoncer soi, pour que cesse la douleur, rompre. Se prendre avec toute sa raison. Faire appel à toute sa conviction.

Ce qui n’est pas ne sera pas, c’est jamais, ce n’est plus peut-être

Refuser la double peine, se frotter les yeux pour mieux voir

Regarde, regarde bien, ne détourne pas tes yeux, regarde encore. Il n’y a pas d’illusion, ce que tu vois est ce qui est. Sors du rêve, ce qui n’est pas ne sera pas, n’y reviens plus jamais. Non ne lutte pas,

Se prendre en face de soi, s’attraper, se coincer, ne pas se lâcher,

Pleure si tu veux, vomis, mais que ce soit la dernière fois. Seule toi peux renoncer, ne les laisse plus, plus jamais. Je ne te lâcherais pas jusqu’à ce que tu aies renoncé. Si tu recommences je te reprendrai. Ecrase l’illusion, rejette là, Tu sais, tu as toujours su, maintenant tu dois

Tu es faite pour le beau, le vrai, le doux, tu peux donner, tu peux recevoir, Quitte les toi, tu en es capable. Va vers le beau, vers l’aimant, vers l’aimable, Je ne te lâcherais plus, à chaque fois je te dirais. Tu sais, tu n’as pas besoin de plus de preuves

 

 « Deviens ce que tu es » disaient-ils... Je veux la plaie vive, pour qu’elle se ferme

photo : didier

23.03.2008

primum non nocere

Jusqu’à la nausée, mille fois, tournée et retournée, le front contre le mur

Avant tout, avant moi

Ne pas nuire, regardez mon masque de folie,

Je suis quelqu’un de bien !

Regardez,

Je vomis mais ne nuis pas

Venez, venez, regardez

Je me noie mais ne nuis pas,

Je plante mes yeux, droit dans la glace,

La médaille accrochée au revers Je ne dors pas mais bien,

Je me tais mais ne nuis pas…

Pousse moi encore à la folie, encore, il m’en faut bien plus tu sais,

Tu n’as la mesure de rien ni de moi,

Assène encore tes coups, tu es bien trop doux,

Fais-moi mauvaise,

Désespère moi, sois plus convaincant,

Ronge moi, là où tu ne sais mais sens que le coup portera,

Regarde, je t’aide, je te montre,

De tout accuse moi,

Ce n’est pas assez tu vois, je suis encore là,

Chasse toute trace,

Fais-toi irréprochable

pour que la nausée vienne encore

Fais-moi préférer le néant, tires moi vers le bas,

Le courage est au-delà

et puis un jour nuire… enfin…

18.03.2008

violence

pulsion de sang, des flots espérés, le poing sur le mur sanglant, frapper, frapper... absoudre la culpabilité, tellement peu pouvoir se pardonner, la douceur cache violence, offerte en écran...