21.06.2008
les potioks
roux le plus souvent.
Trapus et barbus.
On les voyait apparaître par petits groupes,
quelques juments suitées, de jeunes mâles de l’année précédente.
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Ils étaient à demi sauvages,
mais ne résistaient jamais à une poignée de grain.
Nous revenions tout l’été à la même place.
Ils étaient toujours au rendez-vous,
apparaissant comme par magie dans les fougères.
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Nous en avions apprivoisé un, moins farouche, que les autres.
Il était notre cheval sauvage, notre mustang pour rêves d’indiens.
Nous lui tressions des licols avec les cordes des balles de foin.
Il nous acceptait parfois quelques minutes sur son dos,
puis s’ébrouait pour nous signifier que le jeu avait assez duré.
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Une jument alors sonnait l’heure du départ.
Elle se retournait et tous la suivaient,
disparaissant comme ils étaient venus au petit trop entre deux pans de colline.
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Nous revenions alors comme des conquérants,
fouettant les fougères d’une branche pour éloigner les vipères
18:41 Publié dans Des mots de l'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.06.2008
la dune,
Sur la dune il y avait des herbes, elles poussaient dans le sable, sèches et rudes et des chardons, qui dessinaient des chemins étroits hors desquels il ne fallait pas s'aventurer.
La dune faisait frontière entre le territoire des pins et celui de l'océan. Les vents la balayaient, soulevant des épines de sable.
Parfois les tempêtes d'hiver la faisait céder en avalanches, les mêmes la reconstituaient.
D'années en années les traces incongrues des conflits s'ensevelissaient comme des morceaux de sucre posés sur de la crème. Il me semblait qu'elles se dissolvaient dans le sable en une lente amnésie.
Quelques baraquements achevaient de se disloquer dans les derniers assaults des vagues, ils seraient bien vite reconstruits à la saison douce.
L'océan jamais ne se calmait, il prélevait chaque été son quota de vacanciers assuré d'être pardonné.
Nulle habitation ne venait affronter le rivage elles se terraient derrière les pins.
L'hiver avait un goût de vieux western avec ses villes minières abandonnées, le filon épuisé.
J'aimais me sentir maîtresse des lieux, rodant entre les villas closes pénétrant parfois dans les jardins secs pour m'assoir sur un perron, chercher les traces de vies lointaines et me souvenir à l'été de mes dialogues muets.
C'était des temps de saisons.
22:45 Publié dans Des mots de l'hier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dunes et sables
07.06.2008
vrac
Les mûres, la route jaune, les poires frot-frot, les grandes tartines au beurre salé, la cour à traverser pour aller aux toilettes, le plancher qui craque et fait peur, la cheminée si grande, le grand chien jaune et noir toujours attaché, le goût un peu métallique de l’eau au puit, les cornichons qui avaient envahi le potager, les vieilles toutes habillées de noir, le bois de châtaigniers, le klaxon du poissonnier, l’orvet trouvé sous la pierre, l’étable d’en face et le tas de fumier, les chaussures vernis du dimanche, les vermicelles de la cantine, les pieds nickelés dans le grenier, le sucre trempé dans le café, le fauteuil de ma grand-mère, le grand cheval rouan, la sortie à la mer, les tartines au sable…
12:36 Publié dans Des mots de l'hier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poême, écrits, histoires, poésie, nouvelles




