01.12.2008
21h15 boulevard Barbès
Elle avance rapidement
Elle longe le mur d’un pas presque mécanique
Il fait 3 degrés, la pluie est fine et glaciale.
Elle porte un costume traditionnel
Ses jambes sont nues sous le tissu bariolé
Pas de bas dans ses chaussures plates et un peu larges
.
Un foulard noué sur les cheveux
Et un blouson complété d’une écharpe
Elle se presse
.
A ses bras deux grands sacs
Et dans son dos un enfant
dont je ne vois que la tête recouverte d’un foulard
qui dodeline à chacun des pas de sa mère
.
Soudain elle bifurque, je m’arrête
Elle traverse la voie
De l’autre côté il y a la station de métro
Je surprends son regard
Transparent
Elle ne me voit pas
Elle se presse
Son visage est jeune
Tendu dans l’effort
Un voile épais de lassitude
Et malgré tout
Des traces d’insouciances et de légèreté
.
Je regarde ses jambes
Ses pieds dans ses souliers trop larges
Elle serre contre elle ses sacs
Et se cambre sous le poids de l’enfant
Puis elle s’engouffre dans la station
Je me réjouis pour elle,
Je pense à ce qu’elle ressent
A retrouver un peu de chaleur
Il y a quelques minutes, je crois,
Je m’apitoyais sur mon sort
Sur cette transhumance dominicale et solitaire
De la maison de béton à l’appartement vide
J’avais froid déjà d’un manque de chaleur
Qu’aucun bras ne réchaufferait
.
Je me prends à espérer
Qu’au bout de sa ligne de métro
Un homme attend cette femme.
Il couchera l’enfant ensommeillé sans le réveiller
Puis il s’agenouillera
Lui ôtera ses souliers
Prendra dans ses mains ses pieds gelés
Les portera à sa bouche pour les réchauffer de son souffle
Et les caressera longuement
En lui disant qu’elle est belle
Et en lui parlant de Pays où il ne fait jamais froid.
Je donnerai une part de l'amour que j'espère pour qu'il en soit ainsi
08:15 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : barbès, froid, femme, enfant, pieds, amour
12.11.2008
Forteresse
J'habitais aux flancs,
d'une forteresse
09:25 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : forteresse, ville
09.10.2008
dans la rue
Dans la rue de la Fidelité
Il y a un hôtel De Londres et du Brésil
Amours intercontinentales ?
07:52 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fidélité
03.06.2008
les voleurs
là où je vis, des voleurs rodent la nuit. Ils ont emporté avec eux, alors que nous dormions, une part de mémoire gravée dans ce qu'ils ont cru être un ordinateur. Mais c'était une bibliothèque, une médiathèque, un journal des jours, des traces de vacances rieuses, des bouts de réflexion, des empreintes de rencontres. Un support de mémoire, une annexe des souvenirs. Mes voleurs ne lisent pas les blogs, ils ne sauront pas qu'ils ont volés les premières images d'un petit poulain libre des montagnes, l'émerveillement des enfants de la ville le découvrant... ils revendront pour une bouchée de pain le support froid de toutes ces traces que nous nous raconterons...
08:46 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poême, écrits, histoires, poésie, nouvelles
26.05.2008
Après-midi
A cette heure un autre silence encore. Il n’y a pas d’enfants, les adultes sont ailleurs. Ma présence comme incongrue.
Ce n’est pas la paix du bruissement silencieux d’une nature vivante ou du brouhaha annoncé de la ville s’éveillant. Mais un temps en suspend entre le départ du matin et le retour du soir. Ici on vit de 7h au RER et de 18h à TF1. Je n’ai jamais vu de gens très âgés, où sont-ils ?
15:55 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.05.2008
le lierre
. Le jour appartient encore aux oiseaux. Le lieu pourrait être désert. Comme me manque le bruit de la ville s'éveillant ! Il me faudra aller vers eux si cela doit rester mon espace. Presqu’un an qu’ils me voient venir et aller, sans presqu’un mot.
Le petit jardin se fait sauvage dans la conjugaison de pluies et de chaleur du printemps installé. Hier j’ai essayé
de le civiliser, mes outils n’y ont pas résisté. L’herbe haute sera un hommage aux arbres coupés.
Les roses sur les murs me rappellent mon in-appartenance. Je ne peux qu’être de passage. Mais, la préventive se prolonge et l’issue devient incertaine.
Combien de temps pourrais-je n’être enraciné à rien ? Les tiges du lierre lancent leurs crampons dans le vide, elles cherchent les anfractuosités dans les murs de béton que je m’épuise à rendre lisses.
Je ne veux pas être ici, mais mon âme réclame le repos, presque malgré moi.
08:29 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.05.2008
roses roses
là où j'habite il y a des fleurs roses, des alignements de fleurs roses, 9 gros bouquets de roses roses intercalés de 9 petits bouquets de roses roses, entre chaque colonne de bouquets une frise où s'entrelacent des roses roses et des feuilles de rosiers roses, 107 frises et 108 fois 9 gros bouquets et 9 petits bouquets,
les roses sont d'une espèce particulière, elles ne fanent pas, et n'exalent aucun parfum,
ici on coupe les arbres qui dérangent les murs des jardins et on colle des roses de papier sur les murs des maisons...
23:36 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.05.2008
condamnés
ils ont mis leur menace à exécution,
dès demain ils guillotineront les coupables,
peut-être y aura t'il des spectateurs,
le béton aura un sourire satisfait...
les murets sont sauvés...
j'espère que les oiseaux savent lire...
09:49 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.05.2008
la place de ma ville le dimanche midi
il y avait foule sur la place à l'heure du midi, la ville prenait sa vraie couleur, presqu'invisible habituellement, étrangement tendre
cette place là n'est pas pavée, elle n'est pas entourée de ces bâtiments au faux style italien tendance walt disney dont on fait les centres des villes qui n'ont pas de centre, non, cette place là, c'est un parking surchargé de voitures,
autour du parking, un petit supermarché, on y trouve de tout à deux fois moins cher, si on veut bien le manger deux fois plus vite, les commerçants sont adorables, même avec les plus pauvres de leurs clients, on y vend des "melons tachés" dont on vous coupe le mauvais morceau, il y a aussi une boucherie hallal, une épicerie tendance pakistanaise, le bureau de tabac pmu-loto, où on fait la queue le dimanche pour s'assurer un avenir qui tousse, ou se faire croire à des demains enchantés, et puis une église qui déversait sur le parking une noce ou un baptème, dames de couleur en chapeau, messieurs discutant autour des voitures,
en rentrant je suis passée par la place pavée, c'était une autre couleur,
13:44 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.05.2008
l'horloge
le silence là où je vis est indéfini
ni campagne ni ville
le chien qui aboit n'est pas un chien de ferme, son aboiement fait écho sur les murs en béton
les oiseaux sont monocordes
les voitures ne font pas de bruit ici, elles roulent doucement
mais les avions passent au dessus à rythme régulier, leur bruit arrive, passe et décroît au loin
il n'y a plus de cris d'enfants, c'est l'heure de la télé
elle est d'ailleurs inaudible, chacun ici respecte son voisin
parfois un bruit indéfini au loin, je ne les connais pas assez pour comprendre ce qu'il signifie,
ils ont mis la rue à sens unique, pour que les jeunes n'y fassent plus de rodéo,
tout va bien,
je n'arrive pas à me figurer leur vie, ici tout le monde se connaît depuis 20 ans,
je voudrais que le mur du jardin monte plus haut, je voudrais cette maison entourée d'eau,
j'entends l'horloge de la cuisine, je ne peux pas vivre, ici,
21:08 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poême, écrits, histoires, poésie, nouvelles








