11.05.2008
la place de ma ville le dimanche midi
il y avait foule sur la place à l'heure du midi, la ville prenait sa vraie couleur, presqu'invisible habituellement, étrangement tendre
cette place là n'est pas pavée, elle n'est pas entourée de ces bâtiments au faux style italien tendance walt disney dont on fait les centres des villes qui n'ont pas de centre, non, cette place là, c'est un parking surchargé de voitures,
autour du parking, un petit supermarché, on y trouve de tout à deux fois moins cher, si on veut bien le manger deux fois plus vite, les commerçants sont adorables, même avec les plus pauvres de leurs clients, on y vend des "melons tachés" dont on vous coupe le mauvais morceau, il y a aussi une boucherie hallal, une épicerie tendance pakistanaise, le bureau de tabac pmu-loto, où on fait la queue le dimanche pour s'assurer un avenir qui tousse, ou se faire croire à des demains enchantés, et puis une église qui déversait sur le parking une noce ou un baptème, dames de couleur en chapeau, messieurs discutant autour des voitures,
en rentrant je suis passée par la place pavée, c'était une autre couleur,
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10.05.2008
l'horloge
le silence là où je vis est indéfini
ni campagne ni ville
le chien qui aboit n'est pas un chien de ferme, son aboiement fait écho sur les murs en béton
les oiseaux sont monocordes
les voitures ne font pas de bruit ici, elles roulent doucement
mais les avions passent au dessus à rythme régulier, leur bruit arrive, passe et décroît au loin
il n'y a plus de cris d'enfants, c'est l'heure de la télé
elle est d'ailleurs inaudible, chacun ici respecte son voisin
parfois un bruit indéfini au loin, je ne les connais pas assez pour comprendre ce qu'il signifie,
ils ont mis la rue à sens unique, pour que les jeunes n'y fassent plus de rodéo,
tout va bien,
je n'arrive pas à me figurer leur vie, ici tout le monde se connaît depuis 20 ans,
je voudrais que le mur du jardin monte plus haut, je voudrais cette maison entourée d'eau,
j'entends l'horloge de la cuisine, je ne peux pas vivre, ici,
21:08 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.05.2008
fête d'â-côté
il y a fête dans la maison cube d'â-côté,
des rires, des tintements de verres
je suis partagée, entre le rejet et l'envie
comment étaient les fêtes ? je ne sais plus si je m'en souviens,
23:24 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2008
carré
Là où j’habite, il y a des cubes, des maisons cubes.
Des jardins carrés et des murs qui délimitent les jardins.
Là où j’habite on a des voitures, que l’on lave le dimanche.
Là où j’habite on coupe les arbres parce que leurs racines
déracinent les murets.
Là où j’habite les voisins sont gentils avec les voisins gentils.
Là où j’habite on a des rêves carrés.
je voulais écrire dans un carré, mais les mots ont choisi de s'aligner ainsi? je n'ai pas osé les contredire
23:42 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.03.2008
la grille ouverte
Cela avait duré des semaines
Elle béait, désespérément, c’est un peu ridicule une porte-grille qui n’arrive plus à fermer, surtout quand elle fait trois mètres de haut et qu’elle est hérissée de pointes, Nos trésors ouverts aux quatre vents, et nos places de parking colonisées
Pour moi qui ne perçois de tout cela que la mousse, Je sentais l’agitation, Les attroupements au chevet de la malade. On parlait de vice caché, de procès, on haussait le ton et les bras, l’affaire était d’importance, tout le monde s’en mêlait,
Cela dura longtemps, Tous les matins j’arrivais et je la trouvais ouverte, un peu peinée pour elle, malgré mon peu de goût pour les enclos.
Un jour, enfin, je la trouvais refermée. Je la sentais, au début, inquiète quand j’actionnais le bip pour qu’elle ouvre ses bras, je voyais bien qu’elle retenait son souffle, et puis qu’elle se refermait un peu trop vite, de crainte sans doute de ne pouvoir se replier… puis le temps passa, elle oublia son humiliation,
Je ne sus jamais de quel mal elle souffrait ni le remède qu’ils trouvèrent, mais le petit monde était de nouveau bien protégé, Dans la cour on respirait,
14:29 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Dans ma cour il y a... des gens
des portraits pour mémoire avant de raconter des histoires .........;
Un sculpteur, on le reconnaît à ses cheveux, une véritable caricature de cheveux de sculpteur...
un peintre sur corps cyclothymique et cyclopédiste à trois roues,
deux boites de casting et leurs visiteurs, aujourd'hui les enfants Danone, demain les filles Babybel...
un organisme de formation, je ne sais pas à quoi il forme, mais parfois les étudiants guettent les filles du casting,
une télé bouddhiste, ils ont toujours un visage illuminé, ils auraient l'air sinistres, me direz vous, cela m’étonnerait...
deux rentiers ...grâce à nous. L’un d'entre eux est une sorte de Johnny aux cheveux jaunes sales, il paraît qu’il est fou je l'ai entendu dire du peintre-sur-elles je crois un jour... il a des motos, et une femme, longue et maigre et désespérée et blonde, je l’imagine russe, il a dû aller la chercher là-bas, elle je ne l'ai jamais entendu prononcer un mot...
une concierge ronde et rouge et ses enfants, il me semble qu'elle avait un mari, je ne le vois plus ces temps-ci,
une taulière, pardon, la gestionnaire des lieux, bien mise mais on se demande...,
deux ou trois architectes pour faire bonne mesure,
un restaurant du sud ouest bien pratique. Quand on a oublié nos clefs on entre par devant et ils nous ouvrent l’arrière porte,
un atelier de confection, chinois, bien entendu et son patron libanais, je ne sais pas quand ceux-là ne travaillent pas,
quelques habitants discrets, un ou deux chiens,…
Il se passe des choses dans cette cour, des petites choses, je n’en perçois que la mousse, quelques mots, quelques scènes volées ; petits indices qui peuplent mon monde, qui me font de ce réel un roman pour moi toute seule.
Je ne demande jamais aucune explication, surtout pas je préfère imaginer…
14:10 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.03.2008
la lampisterie

11:04 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jardin et balcon

le jour est gris, frais, calme,
sur la terrasse, le ciel s'écoule, dans le petit jardin détrempé
quelques mètres carrés, que l'on a trouvé terrain vague,
je me souviendrais de toute notre énergie à l'avoir transformé
nos longs conciliabules pour choisir les plantes, l'énergie passée à bêcher, retourner, ratisser ce petit bout de terre, nos fous rires devant les 36 espèces de gazon, existe t'il une espèce pour 15 m2 à tondre aux ciseaux ? les outils achetés pas chers et se cassant aux premiers gestes,
quelques fleurs reconnaissent notre effort, quelques plantes se sont acclimatés malgré nos piètres savoirs jardiniers, le gazon a poussé comme il voulait, parsemés de mauvaises herbes, nous avons pas eu le coeur de les arracher,
je trouverais un balcon à Paris, et un appartement autour
nous y referons un jardin avec les plantes survivantes,
visualiser,
un même petit matin, dans la ville espérée, à peine éveillée,
entendre son coeur palpiter dans un petit bout de dehors,
se sentir là où on sait vouloir être,
visualiser,
descendre chercher la presse,
s'arréter dans un café,
comme sur cette petite place aux pieds de l'église des maronites
où j'aimais m'arréter,
instants volés,
se retrouver là où j'aimais être
mais différente
pleinement là,
espoirs du petit matin
en emplir son énergie,
pour traverser ce temps de bataille,
se projeter,
réver un peu,
se laisser réver,
un petit café partagé,
une presse lue à quatre mains,
quelques mots échangés
dans le souvenir de la douce intensité de la nuit,
sourire aux habitués,
on ne fera pas grand chose de la journée,
elle s'écoulera doucement,
salutation au jour qui vient,
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