10.05.2008

le sable

fuir le silence de l'âme dans l'assourdissement des sens

un à peine soulagement

et pourtant y revenir encore

pour ne pas se désenivrer,

je peine à voir la différence avec le néant,

tellement de temps à construire, le front tendu,

et le sable...

je croyais venir au réel, mais je dérive,

l'ennui était amarre,

je ne sais pas si j'aurai la force de risquer encore

suspendue

la mort suspendue, un temps encore

elle est certaine, acceptée et pourtant incongrue

le fil est ténu, pourtant on est encore dans le plein

le vide est encore pour demain

comment sera ce vide, 

respiration, désespoir ? 

 

 

07.05.2008

éléments d'apaisement

"Une réaction normale à une situation anormale serait une monstruosité..." il y a des mots qui pansent...

et puis aussi des gestes, qui font l'énergie vibrer, qui suscitent et accueillent,

et puis d'autres mots encore dans la nuit, graves et doux,

 

l'apaisement par les autres apaisants,

06.05.2008

nausée

la laisser partir et garder en moi le sombre

bientôt plus rien ne pourra le dénouer

je trouverai seule

se souvenir de toute la force et la rassembler, en un dernier effort

me taire une dernière fois

qu'est ce qui me sera regret demain ?

nuit sans signe

le verbe serait alors courage et le silence lacheté ?

s'être cru courageux, se découvrir lâche

le temps du choix se restreint

bientôt demain courage ou lâcheté seront passés et présents à jamais

rien ne dit, rien n'est écrit, aucun signe ne sera donné

 

05.05.2008

interdite

la mort rode, plus rien ne permet d'en douter, elle sera là dans peu de temps,

je suis interdite, incapable de réagir, j'oscille entre le sentiment de monstruosité et le dégout,

qui pourrait comprendre qu'il m'arrive encore de rire et d'être légère, que la plus grande douleur est de ne pas savoir souffrir ?

silence

je reprends le rythme de la ville

le soleil s'est installé

je suis le chemin du printemps, comme on emprunte une voie par défaut d'aucune autre

je tends l'oreille au moindre signe

rien ne semble vouloir se distinguer dans le brouhaha assourdi

 je vais doucement sans dessein

01.05.2008

le moment,

saurais-je reconnaître le moment où 1703545157.jpg

ayant suffisamment renoncé,

je pourrais enfin construire ?

 

 

photo : Didier

déshabituation

733328542.jpgl'être peine à ne devoir être que partiel

chaque nouvel autre comme une mise en doute

effleurement plus qu'emportement,

l'absolu...

...mais contenu,

je vous aime rarement, ne devrais-je pas m'en déshabituer ?

photo : Didier

23.04.2008

belle âme

la nuit fut à la déconstruction, au désorientement, au presque désespoir, le sable dans l'onde tourmenté,

le matin me trouva vide de sens, l'eau trouble encore

la journée se déroula, le soleil doucement perçant le flot s'éclaircissant,

la soirée s'approchant le coagula s'achève, le limon s'est posé

la force recomposée,

les choses à leur place,

la douceur à la sienne, la réalité aussi,

me reste le bonheur d'une belle âme rencontrée,

 

 

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