10.03.2009

patience...

La patience mère de toutes les vertus

Celle qui, avec la longueur du temps

Fait plus que force et que rage.

Le temps qu’il faut laisser au temps

Le diable que l’on ne doit pas tenter

La nature qui se venge si on la force

Le tout qui vient à point si on sait l’attendre

 

Venez, Venez !

Posez vous là vous tous,

J’ai un projet pour vous

Une belle impatience à convaincre

Allez !

Je vous offre de  quoi prouver vos dires

Pas une petite agitation passagère

Non, un vrai bruit de fond

Ancré et tenace,

 

Quoi ? Vous hésitez ?

Trop difficile pour vous ?

Ou alors ne seriez-vous là

Que pour rire au bord du chemin ?

Allez, vous n’aurez jamais meilleur sujet

Pour vous tester

Un peu de courage que diable !

 

Le diable ? Ah oui !

Celui dont la plus belle ruse est de vous persuader qu’il n’existe pas, disait Baudelaire,

10.12.2008

Molécules, 2

le criard n'avait qu'un temps

celui de l'éblouissement après un si long temps de demi-jour

les dernières traces se sont effacées

et je redécouvre les couleurs

tendres ou chatoyantes,

étales ou palpitantes,

et leurs sonorités me met en joie,

03.12.2008

lui tordre le cou

si je retrouve celui qui, le premier, a dit qu'un "homme averti en vaut deux"

je lui tords le cou

.

parfois les petits loups pleurent de peines inconsolables, alors on les berce pour qu'ils s'endorment, pour qu'ils grandissent et apprennent à vivre avec et leurs larmes coulent sur notre impuissance et on les serre très fort et on aimerait prendre toute leur peine sur nous,

 

02.12.2008

visions

Tu n'aimera pas que cela l'attriste
Elle le sait

Alors elle s'efforcera de ne l'être pas

Parfois des larmes poindront

Qu’elle masquera

 

Et plus le bonheur sera grand et plus la peine le sera

Elle tiendra

Retardant l’échéance

 

Souvent elle rira

Et te rassurera

Elle sait que tu n’aimes pas qu’elle soit triste

 

Il arrivera que la nuit elle te parle

et au matin elle s’en voudra

 

Elle oscillera

elle détestera

savoir déjà

 

Alors elle reviendra au bonheur de l’être là

à la douceur du présent

elle oubliera la conjugaison

tu la serrera dans tes bras,

 

là maintenant, fais silence, endors toi

j'aurais aimé ma belle, que pour toi l'histoire soit autre, tu aurais mérité cela,

 

24.11.2008

Molécules

J’ai laissé le filtre

Celui qui pastelisait les tons

Et arrondissait les angles

 

Les couleurs redeviennent criardes

Les saillances me heurtent de nouveau

L’engluement me reprend

 

Dois-je regretter le temps de l’atiédissement ?

Saurais-je affronter les aigus et les graves ?

 

Le doute me prend

 

06.11.2008

Lasse

Petite âme si peu raisonnable
Ou si lasse parfois
De l’être trop

09.10.2008

Encore

Etre belle encore

Avant que d’être vieille

Avant que le miroir

Ne soit plus que regrets

 

Etre jeune encore

Avant que de ne plus oser

Se tromper mille fois

Et recommencer

 

Pleurer encore 

Toutes ces larmes

Qui demain s’assècheront

Sans consolation

 

Oh rire encore !

A gorge déployée

Etre futile et capricieuse

Le mener par le bout du nez

 

Aimer encore

Infiniment et sans raison

En souffrir encore

Pour ne pas oublier

 

 

 

27.09.2008

Froid, un peu

Et d’avoir chaud parfois me fait aussi sentir le froid parfois

Quand les draps ont refroidi

Quand le silence s’est fait

Le souvenir du plein rend le vide perceptible

Mon âme se révolte,

Juste un peu.

 

15.09.2008

Tu crois ?

Tu crois que je pourrais ?

Et toi qu’en penses-tu ?

Mais je ne sais pas, c’est bien pour cela que je te le demande !

Alors non, je crois que tu ne pourras pas

Alors je dois renoncer ?

Le veux-tu ?

Mais non je ne le veux pas !

Alors ce sera ainsi, comme tu sais que ce sera,

Et je n’y pourrai rien ?

Non bien sur

Et j’aimerai ?

Oui tu aimera,

Et je souffrirai ?

Oui aussi mais moins

Et j’ai raison de sourire ?

Oui, tu es belle quand tu souris

Chantier

En deux rangées à peine alignées, brinquebalantes

Tellement serrées qu’on les croirait s’appuyer les unes contre les autres.

Parfois une ouverture incongrue et le sol nu.

Certaines semblent être forteresses, des étais de métal les soutiennent, d’autres s’affaissent par pans entiers.

D’autres encore essayent de faire bonne mine, malgré la lèpre qui ronge leur façade

Le chantier semble immense,

Celle-ci a-t-elle encore des fondations solides ? L’humidité n’a-t-elle pas trop rongé celle-là ?

Ces deux seront sacrifiées, on gardera ces deux autres.

On sondera chaque sous-sol, on fera résonner les murs pour savoir ce qu’ils soutiennent encore.

On parera au plus pressé, d’abord sauver celles que ne retient plus que l’habitude

Puis étayer les autres.

Alors on prendra le temps de penser, on établira un plan de bataille, on rassemblera ses forces et ses outils

et on les prendra une à une avec délicatesse.

Chacune recevra toute l’attention qu’elle mérite

On renforcera les fondations

On grattera les marques du temps

On reprendra les perspectives. On rebatira, s'il faut rebâtir.

Et, un beau jour de printemps, on passera tout à la chaux vive

En souriant à l’avance de l’œuvre achevée

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