28.02.2009
Feu Follet et l'Honorable - Une saison
L'Honorable avait le sentiment un peu étrange que Feu Follet ne s’était pas encore… déterminé. Il y avait en lui la promesse que contient le bourgeon quand on ne sait encore quel fruit ou quelle fleur il porte.
Feu Follet et l'Honorable - Une saison - pour le blog.doc
Voilà une saison de Feu Follet et l'Honorable rassemblée pour vous ...
20:07 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.02.2009
La confiture de mure (suite)
Arrivés dans la maison de l’Honorable, ils posèrent leur butin sur la grande table. Feu Follet posait mille questions, tournant et voletant autour du maître des lieux.
– Comment fait-on la confiture ? Et combien de temps faut-il la cuire ? Et combien faut-il de sucre ? Et comment saura-t-on quand elle est cuite ?
L’Honorable l’assit presque de force à la table et lui confia la mission d’extraire de leur cueillette les feuilles et les brindilles qui s’y trouvaient encore.
– Tu ne vas pas les laver ?
– Non Feu Follet, l’eau laverait le soleil et elles n’auraient plus de goût.
L’Honorable se dirigea alors vers le fond de la pièce, ouvrit la grande armoire et en sortit une antique balance à levier. Il la posa sur la grande table.
– Il nous faut maintenant peser notre récolte Feu Follet.
– Pourquoi Honorable ?
– Parce que nous devons savoir combien de sucre nous devons mettre.
L’opération terminée, l’Honorable pris le grand chaudron de cuivre, l’emplit des mûres et le posa sur le fourneau. Ensuite il versa la moitié du sucre qu’ils avaient préparé.
– Pourquoi juste la moitié Honorable ?
L’Honorable faillit éclater de rire, il était sûr que Feu Follet allait poser la question ! …
– Ça c’est mon secret Feu Follet, la moitié du sucre jusqu’à ce que les mûres commencent à fondre et l’autre moitié après…
Feu Follet sembla réfléchir un moment.
– Mais Honorable, ce n’est plus un secret maintenant puisque je le connais aussi.
– Et bien Feu Follet, il n’en prend que plus de valeur pour moi maintenant que nous le partageons
Feu Follet regarda l’Honorable, puis il secoua un peu la tête semblant rejeter une pensée et répliqua.
– Je suis honoré, je serais digne de ton secret.
Puis, d’un coup d’aile un peu trop vif qui trahissait toujours ses agitations intérieures, il s’approcha du chaudron de cuivre où commençait à fondre la goûteuse récolte. Des petites bulles mousseuses venaient rosir les pourtours cuivrés, le sucre disparaissait absorbé par le jus grenat.
Il approcha alors son doigt de la mousse attirante de plus en plus près et soudain, à son contact brûlant, le retira brutalement en soufflant dessus.
– Feu Follet ! s’alerta l’Honorable, tu t’es brûlé !
Feu Follet voletait sur place secouant son doigt. L’Honorable attrapa la cruche et la tendit à Feu Follet
– Mets ta main dedans.
Feu Follet trempa son doigt meurtri dans l’eau fraiche en faisant des mimiques tellement drôles que l’Honorable eut du mal à garder son sérieux.
« Tu dois faire attention Feu Follet ! » réussit-il à dire en masquant son sourire, puis il attrapa le reste du sucre, le versa dans le chaudron et tourna délicatement avec la cuillère de bois.
Feu Follet se rapprocha du poêle secouant toujours son doigt rougit. Il passa son nez au-dessus du chaudron pour humer les volutes de vapeur odorantes.
Tout deux attendirent que l’alchimie s’opère, tournant lentement les fruits et le sucre en fusion. Puis l’Honorable déclara.
– Cela suffit, arrêtons le feu.
Feu Follet alors demanda à l’Honorable.
– Comment sais tu qu’elle est cuite ?
Mais sans attendre la réponse et ne put s’empêcher de joindre le geste à la parole plongeant un autre doigt dans la marmite pour vérifier l’état de cuisson de la confiture. L’Honorable n’eut pas le temps d’arrêter l’imprudent et le second doigt pris le chemin du premier, du chaudron à la cruche d’eau fraiche.
Pour le tenir éloigné de la tentation jusqu’à ce que la température descende un peu, l’Honorable demanda à Feu Follet d’aligner les bocaux sur la grande table et posa le chaudron au centre. Et, pour lui éviter de nouvelles souffrances, il emplit une petite assiette de confiture bouillante en ajoutant :
– Attention Feu follet elle est brûlante ! Ne va pas te blesser de nouveau !
Mais Feu follet ne semblait plus avoir envie de réitérer l’expérience, il resta à regarder l’assiette en soufflant dessus doucement, il avait appris la patience aux dépens de ses doigts.
L’Honorable alors emplit seize pots de confitures. Il en garderait 12, les autres n’allaient pas tarder à trouver preneur. Feu follet s’était assis sur le banc de bois, le menton posé sur ses mains, il regardait l’alignement d’un air pensif.
– A quoi penses-tu Feu follet ? dit l’Honorable
Mais Feu follet n’eut pas le temps de répondre, on frappait à la porte
– Feu Follet veux-tu, s’il te plait, faire entrer notre visiteuse, mes jambes sont fatiguées…
C’était effectivement la Diseuse, Feu Follet lui ouvrit grand la porte, elle entra.
– Tu es bien poli Feu follet, je t’ai connu moins discipliné !
L’Honorable se leva et accueilli sa vieille amie.
– Tu vois Feu Follet, la Diseuse ne manque jamais de venir goûter la confiture fraiche.
Puis il se tourna vers la très vieille dame,
– Ce sont les oiseaux ?
Elle fit oui de la tête
Feu follet, un pas en arrière, regardait les deux vieux amis les yeux un peu ronds. Comme il allait poser une question, à savoir qui étaient ces oiseaux, il vit l’Honorable lui faire signe discrètement de ne pas insister.
Il attrapa alors la théière, et entreprit de faire du thé. Pendant ce temps, l’Honorable avait disposé devant la diseuse une petite assiette de porcelaine et une délicate cuillère d’argent que Feu Follet n’avait jamais vu auparavant. Puis il invita la Diseuse à s’assoir à la table de bois. Celle-ci se mit à déguster lentement la confiture noire et odorante.
L’Honorable et Feu Follet gardaient leurs yeux braqués sur elle, attendant son verdict. Elle prit tout son temps pour finir la coupelle de confiture, puis s’emparant de sa tasse de thé, but une longue gorgée et la reposa en disant :
– Elle est fameuse !
Feu Follet et l’Honorable sourirent tous les deux de soulagement et Feu follet se mit à voleter dans la pièce en chantonnant « elle est fameuse, fameuse, fameuse …»
L’Honorable se précipita alors vers la Diseuse dont il connaissait le peu de patience. Il prit le panier qu’elle n’avait pas manqué d’apporter et disposa à l’intérieur trois bocaux ventrus emplis à ras bord de confiture.
– Voilà Diseuse, pour l’hiver.
La Diseuse remercia l’Honorable et quitta la maison. Elle ne restait jamais très longtemps hors de chez elle. Elle avait une mission, et son goût immodéré pour les confitures ne la lui faisait pas oublier.
Feu follet repris sa place à la table alors que l’Honorable alignait les douze trésors sur le buffet
– Pourquoi 12 et pas 13 ?
– Parce que le 13ème est pour le cocher, tu iras lui porter si tu veux bien.
Feu follet acquiesça, malgré sa barbe d’ogre, le cocher était un brave homme qui aimait ses bêtes qui parcouraient le comté de leur lourd galop.
Puis il remit son menton sur ses mains posées sur le bord de la table
– Crois-tu qu’elles dureront jusqu’à notre prochaine récolte ?
– Je ne sais pas, qu’en penses-tu ?
– Je me disais qu’il faudrait les économiser.
– Oui.
– Comment fera t-on ?
– Pour quoi ?
– Et bien pour ne pas les manger tout de suite ! ajouta Feu Follet dans un éclat de rire.
L’Honorable sourit et finit d’aligner les douze pots sur l’étagère. Feu follet repris :
– C’est comme un calendrier de l’avent, mais de l’été. Peut être que si on les mangeait tout de suite l’été n’arriverait plus
– Pourquoi Feu Follet ?
– Parce qu’on l’oublierait alors il ne viendrait plus…
Il s’arrêta un instant, comme emporté par son idée.
– Peut être que c’est pour cela que la diseuse aime les confitures, c’est de la mémoire en pot.
– Elle répète les mots pour ne pas qu’on les oublie, et nous on fait des confitures pour garder l’été au chaud sur l’étagère »
L’idée lui plaisait manifestement beaucoup.
L’Honorable ne disait rien, il observait du coin de l’œil son jeune ami qui continuait à lécher son doigt qu’il trempait avec application dans la petite assiette restée sur la table, sa concentration l’émerveillait toujours. Puis Feu Follet fronça les sourcils.
– C’est loin l’été ?
– Une année Feu Follet.
– Une année…
Feu follet soupira légèrement, un voile de mélancolie se dessinant dans son regard,
– Une année… répéta-t-il comme pour lui-même.
Une année et douze pots de confitures, l’Honorable voyait devant les yeux de Feu Follet se décliner l’année à venir ; la fin de l’automne, l’arrivée des premiers froids, la période de presqu’hibernation, quand la neige envahissait le coteau, puis l’eau revenant, détrempant la campagne, et les premiers soleils qui la réchaufferaient, et la verdeur, et les beaux jours.... Le temps, ce n’était plus qu’une succession de saisons désormais pour lui. Mais comment serait le temps pour Feu Follet, où serait-il dans un an, que serait-il devenu ?
Le soir arrivait assombrissant lentement la pièce, l’Honorable regarda de nouveau son ami, il souriait doucement, comme rasséréné par ces douze pots de confiture qui découpaient en douze mesures l’année à venir.
10:32 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.01.2009
La confiture de mûres
L’été se prolongeait, c’était la plus belle des saisons, quand les beaux jours repoussaient encore l’automne.
C’était aussi une saison d’odeurs et de saveurs, celle de la confiture de mûres dont l’Honorable avait le secret et qui lui avait apporté nombre d’amitiés indéfectibles. Parmi celles-ci, il y avait la Diseuse, la très vieille dame qui avait deux passions exclusives, les mots et les confitures.
Voilà une semaine que le soleil chauffait le coteau, il était temps d’engager la cueillette des mûres, elles seraient assurément gorgées de sucre.
L’Honorable prit deux paniers et s’engagea sur le chemin derrière sa maison.
Il tenait secret, comme tout bon chasseur de trésor, le lieu de sa cueillette. Ayant marché une demi heure, il parvient enfin au roncier et commença immédiatement à emplir son panier. Il travaillait avec rigueur, vidant l’une après l’autre, chaque ronce de ses pépites qui bientôt fondraient dans le chaudron de cuivre. Justement une de ces branches hérissées de piquants avait produit ses fruits à l’abri, pensait-elle, des maraudeurs au sommet du roncier. L’Honorable se hissa sur la pointe des pieds, ces mûres il les aurait !
Au moment précis où il était enfin parvenu d’une main à attraper la ronce par une de ses feuilles et de l’autre à saisir la plus belle et la plus grosse de toutes les mûres un « Bonjour Honorable ! » faillit le faire basculer en avant.
Feu Follet ! Décidément, celui-là arrivait toujours sans prévenir.
Retirant sa main précipitamment, il laissa un tribut au roncier qui lui infligea une estafilade sanglante pour s’être ainsi permis de rompre sa ligne de défense.
Feu Follet prit un faux air coupable, ces yeux riaient du bon tour joué à son vieil ami désavouant sa moue de compassion pour la blessure.
L’Honorable sorti son mouchoir à carreaux et tapota les gouttelettes vermeilles, premières cicatrices du combat du jour.
– Bonjour Feu Follet, que viens-tu faire par ici ?
Feu Follet à son habitude ignora sa question et le questionna à son tour :
– Que fais-tu là Honorable ?
– Mais je cueille des mûres, ne le vois-tu pas ?
Feu Follet fronça un peu les sourcils comme s’il cherchait à se souvenir.
– Ensuite je ferais des confitures, ajouta l’Honorable en montrant à son jeune ami son premier panier déjà bien rempli.
Feu Follet plongea sa main et ressorti une mûre qu’il porta à sa bouche.
– Hum c’est délicieux !
– Oui Feu Follet, c’est un des plus savoureux cadeaux que la nature nous offre.
– Je veux t’aider Honorable, que dois-je faire ? »
– Et bien, tu n’as qu’à prendre ce panier et faire comme moi, le remplir de mures.
L’Honorable laissa son regard sur Feu Follet qui s’approchait du panier. Ses questions l’étonnaient, comment était-il possible qu’il ne connaisse pas les mûres ? Il avait semblé en reconnaître le goût, mais il ignorait manifestement que l’on puisse en faire des confitures. Chassant ses sempiternelles questions, il revint au travail du jour.
– Tu peux commencer par là, sur la gauche, je continuerai de mon côté.
Feu follet replia ses ailes avec soin, pris le panier, fis deux pas vers la gauche et s’accroupit devant le murier. Sous les yeux de l’Honorable qui le regardait de côté, il engagea sa main entre les ronces et attrapa délicatement une mûre noire et rebondie. Il l’approcha de sa bouche et … l’engouffra. L’Honorable éclata de rire.
– Feu Follet ! C’est dans le panier que tu dois la mettre !
Feu Follet le regarda d’un air faussement penaud tout en savourant la mûre juteuse
– Oui, oui, la prochaine, promis.
Puis il se retourna vers le murier.
Repris par sa tache, l’Honorable cessa alors de surveiller son jeune ami. Quelques temps plus tard, comme son panier commençait à peser, il se redressa et regarda dans sa direction. Feu Follet lui tournait le dos, penché en avant, en équilibre sur un pied, essayant d’attraper au cœur du roncier les mûres juteuses.
Feu Follet plusieurs fois engagea puis retira sa main des épines, puis il la glissa de nouveau dans l’entrelacs de ronces pour enfin attraper la mûre convoitée. Et, il l’approcha de son visage que ne voyait pas l’Honorable, et… la goba
– Feu follet !
Celui-ci sursauta manquant de perdre l’équilibre. Il se tourna vers l’Honorable. Son visage était traversé d’un sourire gourmand et espiègle, et … entièrement barbouillé de jus de mûres.
Il s’approcha de l’Honorable,
– Mais j’en ai cueilli, regarde !
Et il montra fièrement son panier que tapissait une fine couche de mûres.
L’Honorable sourit
– Allez, Feu Follet, nous allons ensemble finir de remplir ce panier et vite rentrer pour attaquer les confitures.
Ils se remirent tous deux au travail. Feu follet fredonnait d’un air joyeux. L’Honorable ne l’avait jamais entendu ainsi chanter. Il avait une voix légère et cristalline. Mais il ne reconnu pas l’air ni ne compris le sens des paroles. Cette langue lui était étrangère. Chantante, musicale, ce qui s’en approchait le plus était l’italien, ou peut-être même le latin.
Conjuguant leurs forces ils ne laissaient plus rien au roncier, Feu Follet voletant parfois pour attraper les mûres perchées le plus haut. En une heure ils eurent empli les deux paniers à ras bord. Puis ils prirent le chemin du retour.
A suivre
20:35 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ronces, mûre, confiture
14.01.2009
L'orage,
Il faisait chaud et moite, l’Honorable commençait à regretter de s’être engagé si loin de chez lui. Il était parti juste après midi et avait suivi quelques sentes sur le coteau. Plongé dans ses pensées, il avait parcouru plusieurs lieues sans en prendre conscience. L’après-midi était déjà très entamée et l’air s’appesantissait de plus en plus. Ses pas l’avaient conduit dans un endroit presque inconnu de lui. Il savait qu’en redescendant vers la vallée, il retrouverait la rivière et son chemin, mais il se sentait las et l’air de plus en plus lourd ralentissait son pas et son esprit. Il continua donc sur le chemin qui s’ouvrait devant lui. C’était terre de rocaille sur ce versant. L’herbe sèche ajoutait à l’impression d’étouffement. Il flottait comme une odeur de suie. Derrière le coteau, le ciel était en train de changer. Des nuages s’amoncelaient, mus par un vent d’altitude qui n’atteignait pas le sol.
Il sentit que l’orage s’approchait et qu’il n’aurait pas le temps de trouver un abri. Il hâta un peu le pas, espérant voir le chemin obliquer vers la vallée. Au sortir d’un tournant de la pente, il distingua sur l’autre flanc ce qui lui sembla être une chapelle en ruine.
Le ciel s’obscurcissait de minute en minute. Pourtant, l’air restait encore immobile, retenant son souffle. Malgré sa crainte de se faire surprendre à découvert sur le coteau l’Honorable était saisi par la beauté sauvage de la scène.
Il avançait, se guidant sur la chapelle qui se cachait et se révélait à lui de val en mont. Le chemin de moins en moins bien tracé serpentait entre des rochers, descendant et montant à flanc de coteau, plongeant dans un repli puis s’accrochant de nouveau à la pente.
Au sortir d’une de ces combes, il fut stupéfait de tomber sur Feu Follet, qui semblait l’attendre au milieu du chemin. Que faisait-il là si loin de… Si loin d’où d’ailleurs ? L’Honorable s’arrêta, il ne savait pas où vivait Feu Follet, c’était toujours lui qui venait à sa rencontre. Sauf quand il le surprenait comme aujourd’hui. Mais était-ce par hasard ? L’honorable se promit d’y revenir plus tard, le temps n’était pas à la réflexion.
Feu Follet s’adressa à l’Honorable d’une voix calme et assurée : « La foudre va tomber bientôt ». L’Honorable su immédiatement que ces mots ne pouvaient être mis en doute. Feu Follet ajouta : « Vite il faut se presser de redescendre ».
Redescendre ? L’Honorable se dit que son jeune ami oubliait ses vieilles jambes. Il répondit à Feu Follet : « Je me dirigeais vers cette chapelle, là-bas de l’autre côté du versant ».
L’Honorable remarqua la légère tension qui s’afficha sur le visage de Feu Follet, puis il vit son regard s’abaisser sur sa canne. En d’autres temps, il se serait assis, et ils auraient parlé. Mais le tonnerre allait se déchaîner, il en était sûr et le flanc dénudé du coteau ne les protègerait pas.
Feu Follet, s’écarta, « Oui allons-y, très vite maintenant ». Sa voix s’était tendue.
L’Honorable repris donc le chemin. L’air semblait s’être encore épaissi. Lors des quelques minutes qu’avait duré l’échange avec Feu Follet, le ciel s’était presqu’entièrement obscurci. Il régnait une lumière de fin du monde, rasante, venant d’on ne sait où. Du plus vite qu’il pu, il se dirigea vers la chapelle, qu’il voyait maintenant de plus en plus distinctement. C’était un bâtiment modeste entouré de buis.
Il sentait Feu Follet sur ses talons. Lui qui habituellement, dans leurs pérégrinations, voletait autour de lui, se contentait de le suivre et de le presser. « Vite, vite, il faut faire vite. »
L’air retint son souffle et un éclair zébra le ciel immédiatement suivi par un roulement qui rebondit en écho dans le massif.
En l’espace d’une seconde, le temps bascula. L’air immobile se chargea de vent et la pluie tomba brutalement comme si elle avait attendu les trois coups pour entrer en scène.
Oubliant son âge et sa fatigue, l’Honorable se mit à courir vers la chapelle, pressé par Feu Follet : « Cours, cours, plus vite ! »
Autour d’eux les éléments se déchainaient, un craquement déchira le ciel et la foudre tomba de nouveau sur le coteau.
L’Honorable parcouru les derniers mètres à bout de souffle et arriva devant la chapelle. Il saisit la poignée de la porte et jura. « Fermée ! ». La pluie s’abattait maintenant en trombe sur eux. Il se retourna et aperçut Feu Follet qui contournait la chapelle. Il voulu le suivre, mais Feu Follet lui cria « Attends-moi ! ». Il se colla contre la porte et regarda autour de lui, il faisait sombre, le vent tourbillonnait chargé de pluie. Un arc de lumière fusa des nuages et rejoignit le sol au creux de la combe où ils se trouvaient encore il y a quelques minutes. Mais déjà Feu Follet était de retour. Il tendit à l’Honorable une grande clef, ce dernier s’en saisit, ouvrit la porte et s’engouffra dans la chapelle.
Celle-ci était vide, sombre, éclairée juste par la fulgurance de la foudre qui venait à nouveau de tomber. Les éclairs succédaient aux roulements de tonnerre, jamais l’Honorable n’avait vu pareil orage. Il frissonna, la température moite de l’après-midi s’était abaissée brutalement et trempé comme il était, il en ressentait plus encore la différence.
Il se retourna vers la porte. Feu Follet lui tournait le dos, il faisait face au déchaînement sur le seuil de la porte restée ouverte. Des vagues d’eau s’engouffraient à l’intérieur portées par le vent. Un autre claquement fit vibrer la pierre, l’orage était au-dessus d’eux.
Il cria pour couvrir le grondement : «Feu Follet entre ! Ferme cette porte ! » Feu Follet se retourna comme à regret, il était trempé de pluie, il s’immobilisa.
Profitant du silence partiellement revenu entre deux coups de tonnerre, l’Honorable repris tout doucement « Je t’en prie Feu Follet, fermons cette porte, viens à l’abri ». Il joignit le geste à la parole et arc-boutés tous les deux contre le vent, ils repoussèrent les vantaux de la porte et firent jouer la serrure.
L’Honorable regarda de nouveau autour de lui. La chapelle était vide de tous bancs ou objets pieux. Un éclair lui permit de voir les traces que les crucifix et ex-voto avaient laissée sur les murs.
Le sol était fait de dalles grossières. Sur un des côtés, un tas de paille, d’où venait-elle ? Il s’approcha, elle semblait sèche. Il ôta sa veste trempée et s’assit, épuisé, le dos contre le mur.
Il regarda Feu Follet, il était appuyé contre la porte et semblait grelotter de froid, l’air absent.
« Viens Feu Follet, l’orage va durer, viens t’asseoir et te sécher un peu »
Un nouvel éclair vint éclairer la scène accompagné d’un craquement tellement proche qu’il semblait qu’il était tombé devant la porte même.
Le trait e lumière pénétrant la chapelle, l’Honorable leva les yeux vers le plafond et aperçut des vitraux. Mariant le bleu profond et le rouge, ponctués de vert et de jaune, ils étaient superbes dans la lumière de l’orage. Ce n’étaient pas, et de loin, des vitraux pour une petite chapelle isolée. Ils n’auraient pas dépareillés dans les lieux les plus orgueilleux de la foi. Il fut soufflé de les trouver là.
Feu Follet s’était approché et assit à ses côtés. L’Honorable le regarda, il était un peu misérable, trempé, grelotant, la mine fatiguée.
Il eut honte d’un coup de s’être plus intéressé aux vitraux qu’à son ami.
« Rapproche-toi, tu es transi de froid »
Feu follet s’approcha un peu et entoura ses jambes de ses bras, il se balançait légèrement.
L’orage continuait à tonner à l’extérieur, interdisant la conversation.
L’Honorable renversa sa tête contre le mur, de nouveau saisi par la lueur des vitraux.
Il se tourna légèrement vers Feu Follet. Les yeux mi-clos, il semblait absent au brouhaha ambiant.
En réalité, bien des choses étaient étranges. Feu Follet qui l’attendait sur le chemin, sa grimace quand il avait parlé de la chapelle, la clef qu’il avait été cherché on ne sait où. Et puis cette chapelle, dont il n’avait jamais entendu parler, qui semblait plantée là, loin de tout, modeste édifice qui recelait pourtant des vitraux magnifiques.
Encore une fois, l’Honorable se demanda qui était ce petit être qui était entré un jour dans sa vie et qui, il devait bien se l’avouer, lui était devenu essentiel. Ce Feu Follet qui, il en était sur, venait de lui sauver la vie.
Mille questions lui venaient, mais justement elles étaient bien trop nombreuses pour qu’il osa les poser. Alors il fit la seule chose qu’il avait à faire, tremblant de son geste, il se rapprocha un peu de Feu Follet et ouvrit son bras. «Viens te réchauffer Feu Follet ».
Sans un regard, Feu Follet, se glissa un peu vers lui et posa la tête sur son bras, levant lui aussi les yeux vers la voute de la chapelle que les éclairs éclairaient par intermittence.
L’orage dura longtemps, l’Honorable senti Feu Follet progressivement se détendre, cesser de greloter. Puis sa tête se fit un peu plus lourde sur son bras et bascula légèrement dans le creux de son épaule. Il s’était endormi, dans le fracas du tonnerre qui ne semblait pas l’atteindre.
Et puis les éléments doucement s’apaisèrent, mais l’Honorable se garda bien de réveiller Feu Follet. Il laissa, dans la lumière revenue, ses pensées reprendre leur cours, il n’avait que des questions, mais il était sur de ne pas vouloir avoir toutes les réponses. Feu Follet était un miracle et on ne pose pas de questions aux miracles.
19:44 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : feu follet, l'honorable
30.12.2008
La théière
La porte était ouverte comme elle l’était toujours. C’était le milieu de l’après-midi dans l’été finissant. Il lança un joyeux « Bonjour Honorable ! ».
La maison était sombre, les persiennes tirées. L’Honorable était assis à la grande table de bois devant une tasse de thé. Il lui répondit « Bonjour Feu Follet ».
Feu Follet voulu ajouter « je voulais…» mais il laissa sa phrase en suspend. Quelque chose n’allait pas….
Certes l’Honorable lui avait répondu en souriant. Mais sa voix était éteinte et son sourire si las qu’il alarma Feu Follet. Que se passait-il ?
« Tu veux une tasse de thé ? » L’Honorable indiquait la vieille théière en fonte installée au centre de la table qui avait été le témoin de tant de leurs conversations.
Feu Follet acquiesça d’un signe et attrapa la tasse qui voisinait la théière. Il y avait toujours deux tasses au centre de la table. Le thé était froid, comme devait l’être celui de la tasse de l’Honorable.
Celui-ci était assis immobile, il regardait devant lui.Feu Follet ne savait que faire, l’Honorable semblait si triste, plus triste que la tristesse même.Il se sentit tout désemparé. Que pouvait-il lui si petit pour consoler une si grande tristesse ?
Ne sachant que dire, il ne dit rien. Il se leva et s’empara de la théière.Il avait vu maintes fois l’Honorable préparer le thé. Il disait qu’il était indispensable à la réflexion.Il emplit la théière d’eau fraiche et la posa sur le poêle.
Le thé était dans une boite en fer blanc. Il attendit que l’eau se mette à frémir, retira la théière du feu, jeta dedans deux pincées de thé et patienta un peu le temps qu’elles infusent. Il tournait le dos à l’Honorable, regardant la théière se demandant bien ce qu’il pouvait faire.
Puis il revint à la table et pris la tasse de l’Honorable, en jeta le restant froid, la remplit de nouveau et la ramena sur la table. L’Honorable n’avait pas fait un geste.
Alors il se rassit et ne trouva plus rien d’autre à faire ou à dire.
Le tic-tac de l’horloge résonnait dans la pièce, Feu Follet se dit qu’il ne l’avait jamais entendu tant leurs discussions étaient passionnées.
Il faisait presque noir dans la pièce, seule la porte ouverte laissait entrer la lueur du jour.Le temps semblait s’écouler au ralenti.Après de longues minutes, l’Honorable sembla sortir de sa rêverie, il prit sa tasse à deux mains et la porta à ses lèvres.
« Merci Feu Follet »
Ils restèrent ainsi un moment, chacun buvant son thé à petites gorgées.Feu Follet sentait son cœur tenter de se projeter vers celui l’Honorable, pour lui dire au-delà des mots qu’il ne connaissait pas : je suis là, je porte ta peine avec toi, quelle qu’elle soit, mon cœur n’est pas bien grand, mais je suis là. De longues minutes passèrent encore, puis l’Honorable se redressa, leva les yeux et le regarda.
«Je sais, Feu Follet, merci d’être là. »
Feu Follet se sentit tout gêné et heureux à la fois.Sans que rien ne le manifesta, il perçut dans son cœur celui de l’Honorable se réchauffer un peu.Puis, ce dernier brusquement se leva et d’une voix assurée proposa
«Veux-tu faire un tour ? Il fait froid ici »
Ne laissant pas le temps à Feu Follet de répondre, il prit sa canne et ils sortirent.L’air était chaud, le jour souriant.L’Honorable poussa la grille du jardinet et ils s’engagèrent sur le chemin.
Ils marchèrent longuement, sans rien se dire. Le silence ne pesait pas à ces deux-là qui avaient tant parlé.
20:11 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : honorable, feu-follet, tristesse, thé, coeur
10.12.2008
La pierre
Alors qu’à l’accoutumée, il profitait de la douceur du jour pour faire quelques pas, l’Honorable vit Feu Follet qui semblait abimé dans la contemplation d’une pierre.
Feu Follet lui tournait le dos. Il s’approcha sans bruit.
« Bonjour Honorable »,
Feu Follet n’avait pas bougé d’un centimètre, ne s’était pas retourné.
L’Honorable sourit, on ne pouvait pas surprendre ce rayon de lumière.
Il resta à quelques pas, silencieux et, s’appuyant sur sa canne, il regarda Feu Follet toujours immobile.
Il se dit qu’il savait bien peu de choses sur son ami.
Il ne l’avait jamais vu dormir, il apparaissait de nuit comme de jour, sans sembler tenir compte qu’il fit soleil ou pénombre. Il arrivait ainsi, de nulle part, souvent agité d’une question. Il ne s’enquérait jamais de savoir s’il dérangeait, cela ne semblait simplement pas lui traverser l’esprit. Pourtant, il n’était jamais indélicat. Il était simplement, plus présent au présent que nul autre.
L’Honorable laissait son esprit vagabonder, tout en continuant à observer Feu Follet. Celui-ci n'avait pas ajouté un mot depuis son bonjour, il ne quittait pas de yeux cette pierre qui ne semblait n’être rien d’autre qu’une pierre.
La situation n’étonnait pas l’Honorable, l’étonnement même eut été irrespectueux de la nature de Feu Follet. Le moindre soupçon d’impatience à son égard eut été une injure. Feu Follet n’inspirait tout simplement pas les sentiments médiocres. Qu’il soit entré dans sa vie était un tel cadeau et une telle exigence que souvent l’Honorable en ressentait une émotion profonde, qu’il n’aurait pu expliquer.
Qui était Feu Follet ? Il en savait si peu sur lui, bien qu’il ait le sentiment presque évident de le connaître.
Il se souvint de la première fois qu’il l’avait croisé. Il était tard, la lune était déjà haute mais les nuages la masquaient et la nuit était noire. Quand soudain, au sortir de la forêt, Feu Follet était apparu, effrayant les chevaux du cocher.
A cette minute l’Honorable avait su que sa vie serait bouleversée.
Il ne lui avait pas demandé d’où il venait ou qui il était. Toute question, il le sentait, eut été une énormité.
Poursuivant sa réflexion, l’Honorable se rendit compte qu’il ne s’était jamais vraiment interrogé sur qui était Feu Follet. Son ami était il une amie, ou un ami ? Ses attaches graciles éveillaient parfois en lui une émotion oubliée. Il avait la grâce du faune et l'impétuosité de la cavale.
L'Honorable avait le sentiment un peu étrange que Feu Follet ne s’était pas encore… déterminé. Il y avait en lui la promesse que contient le bourgeon quand on ne sait encore quel fruit ou quelle fleur il porte.
Avait-il un âge ? Parfois il lui semblait converser avec un enfant, à d'autre moment il se sentait bien immature aux côtés de sa sagesse.
Il aimait son impatience, son agitation et aussi sa capacité totale de concentration. Comme à l’instant, dans sa contemplation de la pierre. Une concentration qui était tout sauf passive. Il était immobile, nulle flammèche ne l’agitait et pourtant l’Honorable percevait la densité de sa présence, l’énergie contenue, brulante.
L’Honorable se laissait emporter, il le sentait, le savait. Il avait trop vécu pour ne pas reconnaître cette émotion. Mais il restait à sa place. C’était déjà un si joli présent d’être là.
« Cela fait une heure qu’il n’a pas bougé »
L’Honorable sorti de sa rêverie,
« De qui parles-tu Feu Follet ? »
« Et bien de lui ! »
Feu-Follet désignait la pierre
L’Honorable fit mine d’avancer, mais Feu Follet l'arrêté :
« Attention, ne va pas l’effrayer ! »
L’Honorable concentra alors son regard sur cette pierre qui semblait tant intriguer Feu Follet
Et, il distingua, une légère rupture dans son grain, indéfinissable. Il se tendit un peu plus vers elle, et découvrit ce qui fascinait Feu Follet.
Il y avait sur cette pierre, un lézard, un lézard de la famille des caméléons, presque invisible. Lui pourtant qui n’était qu’à deux ou trois pas ne l’avait pas vu dans un premier temps.
Feu Follet reprit la parole "A chaque nuage qui passe sa peau s’assombrit, puis elle s’éclaircit de nouveau, mais il ne semble pas en avoir conscience, je crois même qu’il dort. Je me demande qui commande ces transformations. Peut être est-ce le ciel, ou la pierre et qu’il n’est qu’un miroir. Peut-être est-il caméléon marlgré lui»
Feu Follet resta encore quelques minutes immobiles, se taisant,
Puis, dans un grand rire, il se redressa et claqua dans les mains. La pauvre bête fut presque suffoquée de surprise, elle resta une demi-seconde immobile de stupeur, puis bondit de la pierre, dans l’herbe, passant de gris au vert dans l’instant. Et, de toute la vitesse que lui permettaient ses courtes pattes, disparue dans un amas de broussailles.
Feu Follet tourna son visage vers l’Honorable, ses yeux étaient rieurs et l’Honorable eut un instant l’impression que son ami avait exactement entendu toutes les pensées qui lui avaient traversé l’esprit. Il en fut un moment troublé et bougonna un peu pour masquer sa gène : « Feu Follet, tu lui as fait peur ! Ce n’est pas bien aimable de ta part ! »
Feu Follet rit de plus belle, fit une pirouette et s’envola.
« A bientôt Honorable ! »
Ce dernier laissa alors le sourire envahir son visage,
C’était une bien belle journée.
10:28 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : caméléon, feu follet
26.10.2008
L’Honorable avait pris sa cane et emprunté la petite route
qui serpentait en pente douce entre les prés. Le temps était chaud encore, la nuit mettrait bien une heure avant de tomber. Il allait de son pas lent et sûr, se contentant de respirer l’air du soir.
Au détour d’une courbe, il entendit un léger bruit de l’autre coté de la haie d’aubépine qu’il longeait depuis quelques minutes. Il ralentit son pas puis s’arrêta. Il tendit l’oreille et perçu un gémissement. Quelqu’un, qu’il ne pouvait voir, semblait pleurer à quelques mètres de lui.
Il resta parfaitement silencieux, se sentant indiscret et ayant peur, par le moindre bruit, d’effaroucher celui ou celle qui maintenant sanglotait. « Non, non, jamais, non… » Des mots s’échappaient des gémissements. Des mots comme une plainte obsédante « non, jamais, non, c’est impossible, ce ne sera jamais ».
L’honorable en eut le cœur retourné. Quelle était la cause de tant de chagrin ? « je ne dois, je ne peux, jamais, non, jamais ». Le vieil homme à qui la vie avait offert tant de joies et tant de peines aussi, retenait son souffle. Derrière l’aubépine, la plainte se poursuivait, se transformait en litanie de plus en plus sourde, en berceuse du chagrin « je ne dois, je ne peux, rien ne sera ».
Ce sanglot qui devenait murmure sans se consoler, emplie le cœur de l’Honorable de tristesse, il connaissait cette plainte, elle avait baigné son visage de larmes maintes fois. C’était la voix de l’amour qui ne se peut, qui ne se doit, qui ne sera. Il resta un moment silencieux, puis, le plus doucement qu’il put, il se retourna et marchant sur l’herbe qui bordait l’asphalte, il repartit, le pas plus lourd, vers sa maison.
Le souvenir de ces pleurs le poursuivait, le souvenir aussi de ses propres larmes qui s’étaient taries il y bien longtemps.
Quand il parvint en haut du causse, il se retourna, le soleil venait de franchir la frontière du jour, s’élevait déjà la nuit bleutée. Plus bas, là ou quelques minutes avant il s’était arrêté entendant ce gémissement, il vit soudain une lueur bleutée s’élever au dessus de la haie.
« Feu-Follet ! » murmura-t-il.
Un mouvement involontaire lui fit presque se précipiter vers lui mais il s’arrêta. Ces pleurs Feu-Follet les avaient cachés loin de tous, qui était-il pour les vouloir partager ? Un vieux fou, aux souvenirs muets et qu’émouvait parfois cette petite lueur à ailes, une petite lueur qui n’avait trouvé que le soir pour bercer son chagrin. Il reprit alors son chemin vers sa maison, sachant que son petit visiteur ce soir ne viendrait pas.
00:42 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : feu follet
25.09.2008
le choix
Le choix
Feu follet entra précipitamment dans le petit jardin clôt. L’Honorable qui taillait ses aubépines sursauta.
« Feu Follet ! Quand apprendras-tu à t’annoncer en arrivant ! J’ai failli me couper un doigt ! »
L’Honorable faisait les gros yeux mais ne pouvait s’empêcher de sourire, voilà trois semaines que Feu Follet n’était pas apparu et il lui arrivait souvent de le guetter à la nuit tombée.
Feu Follet ne réagit pas à la remarque et se percha sur une branche de l’aubépine visiblement en proie à une vive agitation. Un petit crépitement se fit entendre
« Attention Feu Follet ! Voilà que tu es en train d’embraser le bois ! »
Feu Follet s’envola brusquement et tournoya un instant avant de s’asseoir sur le bord d’une pierre. Le crépitement cessa.
« C’est mieux ainsi oui Feu Follet. Tu m’as l’air très agité, que t’arrive-t-il ? »
Feu Follet resta un moment pensif. Enfin, pensif à la manière des Feux Follets. Il secouait sa tête de gauche à droite en soupirant tout en laissant échapper de petites flammèches qui cessaient de s’allumer et de se consumer autour de lui.
"Apaises toi mon ami, respire ce jardin, regarde les fleurs blanches et fragiles de l’aubépine et ce lys impudique et ces roses qui s’épanouissent contre le mur. »
La voix calme de l’Honorable semblait agir sur Feu Follet, qui, chose rare, demeurait toutefois silencieux.
L’Honorable se tut également un moment. Il s’assit sur le banc de bois vermoulu et attendit.
Feu Follet semblait traversé par une bataille intérieure. Il ouvrait la bouche pour parler puis se ravisait et se taisait les lèvres pincées, secouant sa tête comme pour se convaincre lui-même.
Quelques minutes passèrent, troublées seulement par quelques pépiements des oiseaux qui étaient revenus après l’épisode de l’enflammement de l’aubépine qui les avaient fait fuir.
L’Honorable observait son ami qui ne semblait plus se souvenir de sa présence. S’échappaient encore de lui quelques petites flammes qui semblaient ponctuer ses pensées. C’était la fin de la journée à l’heure où les chiens rentrent pour faire des rêves de loups. L’air embaumait du parfum des roses dans l’humidité montante. Mais Feu Follet semblait étranger à cette paix.
« Tu sais Feu Follet, je suis un vieil homme, j’ai traversé bien des vies, mais moi aussi parfois je ne trouve plus le sens. Alors je viens m’asseoir ici et je laisse le jardin me pénétrer. Je deviens doux comme le velours du pétale de rose, pointu comme ses épines, tendre comme l’herbe là à l’ombre du mur, fier comme la corolle du l’arum, rugueux comme cette pierre où tu t’es assis… comment puis-je t’aider mon ami ? »
Feu Follet sembla se réveiller de sa rêverie. Il regarda l’Honorable un long moment et lui demanda avec de la lassitude dans le regard « Comment fait-on pour choisir ? »
L’Honorable sourit légèrement, comme à l’accoutumée, Feu Follet ne posait que des questions évidentes auxquelles il n’y avait pas de réponse. Et comme d’habitude il ferait ce qu’il pourrait pour l’aider à trouver lui-même sa voix.
La question posée Feu Follet resta à regarder l’Honorable, ses yeux reflétaient la tristesse infini de celui qui a échoué à comprendre et qui ne croit plus qu’il puisse y avoir une solution. Ce n’était presque plus une question, mais une plainte.
L’Honorable du haut de son grand âge fut ému, il dégluti et refoula quelques larmes qui prenaient le chemin de ses yeux.
« Tu sais Feu Follet, choisir c’est grandir et grandir parfois s’est douloureux, on a mal aux articulations."
« Oui mais je fais comment moi ? Je veux bien avoir mal si au final je peux choisir ! »
Feu Follet retrouvait la verve qui était la sienne, enchaînant les questions
« Et si je n’y arrive pas qu’est ce que je ferais ? Et si je me trompe dans mon choix ? «
L’Honorable pris la parole.
« Rentrons, je commence à avoir froid et pour une question comme celle-là il nous faut absolument du thé. »
Feu Follet sembla un peu rasséréné, l’Honorable avait l’air sùr de lui et il ne l’avait jamais laissé tomber. Ils rentrèrent tout deux à l’intérieur et l’Honorable commença à préparer le thé alors que Feu Follet s’installait à la grande table de chêne. Ils ne dirent rien jusqu’à ce que la théière fut posée entre eux accompagnée de deux tasses et d’un petit pot de sucre brun.
Alors l’Honorable s’assit et commença.
« Tu vois, Feu Follet, choisir, c’est peser le pour et le contre.
Imagine que tu aies là, au milieu de la table, une balance. Une belle balance avec des plateaux en cuivre et un fléau du même métal. Non ! Soyons plus précis ! Une balance Roberval, avec son fléau à 3 couteaux, ses deux plateaux découverts, ses tiges verticales liées au contre-fléau. Une balance comme il nous faut pour une question d’importance : juste, sensible et fidèle ! »
Feu Follet fixa le centre de la table où la balance venait de prendre forme dans les mots de l’Honorable.
« Mais à quoi me sert une balance ? »
« Patience Feu Follet je vais y venir. Maintenant vois-tu à côté les poids ? Eux aussi sont en cuivres dans leur boite en bois, tu vois il y a un petit bouton cylindrique pour les saisir. Soupèse-les »
Feu Follet pris mentalement tour à tour chacun des poids dans la boite que l’Honorable avait fait apparaître au milieu de la table à la place de la théière.
« Que vois-tu ? »
« Leur poids est différent, du très lourd au très léger qui lui ne doit pas servir à grand-chose. »
« Nous verrons Feu Follet, nous verrons. Bon maintenant que notre outil est en place revenons à ton choix. Combien d’alternatives as-tu ? »
Feu Follet répondit dans un souffle : « Deux »
« Très bien, si tu avais eu plus de choix l’opération nous aurait pris beaucoup de temps. Il nous aurait fallu peser les différentes combinaisons. As-tu réfléchis aux avantages et aux inconvénients de chacune de ces possibilités ? »
« Mais oui ! S’agaça Feu Follet, «Je ne fais que ça depuis des jours et des nuits, parfois je crois avoir trouvé et puis dans la minute d’après je ne sais plus ! »
Feu Follet eu un instant de doute, où voulait en venir l’Honorable ? Son ami qui n’avait jamais failli était il devenu trop vieux ? Il se sentit tout de suite coupable d’une telle pensée et regarda l’Honorable en souriant.
Ce dernier avait vu l’éclair dans les yeux de son jeune ami, il savait bien ce qu’il pensait, il fit entendre un petit rire et continua son propos.
« Donc nous allons commencer par les avantages de chacune des deux hypothèses. Disons que le plateau qui se trouve à ta gauche est la première solution et que l’autre plateau est la seconde. Tu n’oublieras pas ? »
Feu Follet faillit répondre brusquement, mais se retint juste à temps se souvenant de sa pensée coupable. « Oui »
«Très bien, alors nous allons commencer. Je te demande tout d’abord de poser dans les plateaux de la balance le poids des avantages de chacune des solutions. »
Feu Follet disposa mentalement de chaque côté de la flèche de sa balance un premier poids de même masse. Puis il en ajouta un autre à droite et regarda le plateau s’abaisser. Il maugréa une minute puis prit un poids plus léger pour mettre sur le plateau de gauche et en ajouta un second. La balance s’orienta à gauche.
Il se concentra un moment sur les poids pour choisir le bon, en trouva un qu’il mit sur le plateau de droite. La balance rebascula… repartit dans l’autre sens un moment… refit le même mouvement avec une moindre amplitude… frémit encore faiblement …puis, s’arrêta. Parfaitement à l’équilibre !
« Cela ne marche pas ! » Feu Follet avait l’air tout contrit, la magie n’opérait pas !
« Ne soit pas impatient mon ami, buvons une tasse de thé pour nous reposer un peu de ce premier effort »
Ils burent doucement leur breuvage tout en fixant au centre de la table la balance imaginaire.
« Je crois que nous bien fait de choisir cette balance, elle est extrêmement précise. Maintenant que nous avons pesé le pour, il est maintenant temps de peser le contre. »
Feu Follet dirigea sa main vers la boite des poids et sans hésiter pris le plus gros d’entre eux qu’il balança sans ménagement sur le plateau droit de la balance. Celui-ci bascula brutalement dans un bruit métallique.
Et bien te voilà bien décidé Feu Follet !
Mais à son regard l’Honorable compris que la partie n’était pas gagné
Feu Follet ne l’écoutait pas, il restait concentré sur son opération. Il prit dans la boite devant lui un premier poids de taille moyenne, puis un second, qu’il posa dans le plateau de gauche. Il s’arrêta un moment et regarda la balance osciller.
Quand elle se fut arrêtée, son plateau droit en dessous du niveau du gauche, son visage se crispa. Il soupira longuement et d’une mine toute triste pris un troisième poids de petite taille et le posa légèrement sur le plateau comme s’il eut voulu qu’il ne pèse pas. Mais, le plateau gauche s’abaissa doucement pour venir se poser au niveau exact de l’autre plateau, le fléau s’immobilisa.
Feu Follet soupira une deuxième fois, et regarda l’Honorable
« Tu vois, je te l’avais dit, je ne peux pas choisir. »
Il continua comme pour lui-même
« Le même poids ! Elles font le même poids ! J’ai tout épuisé, mes raisons pour et mes raisons contre, et rien ne les départage !
Il soupira de nouveau et s’abima dans la contemplation de sa tasse de thé refroidi comme s’il eut voulu qu’elle vienne s’ajouter d’un côté de la balance
L’Honorable eut un petit sourire discret, Feu Follet était tellement sans détours, que d’aucun l’aurait trouvé simplet, là où lui le trouvait émouvant. Il attendit un petit moment puis s’adressa de nouveau à Feu Follet
« Tu as oublié un poids Feu Follet »
Feu Follet leva les yeux et vit le sourire de l’Honorable.
« De quoi me parles- tu ? Je ne vois plus rien dans la boite »
« Regarde mieux »
Feu follet se redressa et plongea son regard dans la boite. Tout au fond masqué par la paroi, il vit un tout petit pois, si petit qu’il semblait être un jouet.
« Mais, il n’y a qu’un poids ! Et il est tout petit. Comment vais-je faire ? Je n’ai plus de contre et de pour »
« Feu Follet, pour cette dernière étape un seul poids suffit. Ce tout petit poids, ce n’est ni le poids du pour, ni le poids du contre, c’est celui du désir, de la flamme, de l’envie, du rêve. Ce n’est pas un poids raisonnable, regarde d’ailleurs il n’est pas en cuivre celui-là il est en or. Pour celui là tu dois cesser de penser, cesser de compter, de mesurer, d’examiner toutes les causes et les conséquences. Pour celui là, tu dois fermer les yeux et trouver en toi tout au fond le poids du rêve. De tes deux choix insolubles, quel est celui qui te fait rêver, celui qui te donnera des ailes quand tu rencontreras des difficultés, celui-ci qui te fera rire sans raison alors que tout semble perdu. Celui qui t’inspirera quand les solutions n’apparaîtront pas…
Prends le Feu Follet ! Et jettes le dans un des plateaux sans réfléchir ! »
Feu Follet attrapa le tout petit poids d’or et le jeta dans un des plateaux surchargés. Le mécanisme de la balance se mit à jouer, le plateau oscilla, le contre fléau transmis le mouvement au fléau et l’autre plateau s’éleva pour s’arrêter quelques centimètre au dessus du niveau du premier.
« Voilà Feu Follet ta décision est prise. «
Feu Follet, se redressa d’un coup, parti d’un éclat de rire, s’envola et se posa sur le plateau où il avait jeté le dernier petit poids et il sauta dessus à pied joint en chantant. « J’ai trouvé, j’ai trouvé »
Puis il virevolta dans la pièce tout à sa joie. L’Honorable le regardait et secrètement s’émerveillait, ce tout petit bout d’être lui apportait tant de bonheur qu’il espérait qu’il aurait encore mille et une questions à lui poser.
Puis il demanda à Feu Follet,
« Au fait, dis-moi, quel était ce choix cornélien que tu devais faire ? »
Feu Follet s’approcha de l’Honorable pour lui murmurer à l’oreille : « Je devais choisir entre… »
Mais à ce moment précis une cloche retentie de l’autre côté du mur du petit jardin et ce qui avait tant préoccupé Feu Follet demeura entre l’Honorable et lui.
18:18 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : choisir, grandir, feu follet
28.06.2008
feu follet
Feu Follet entra en trombe ; Diseuse, parlez-moi d’amour !
La diseuse : Que viens-tu me déranger à cette heure, pour exiger je ne sais quoi de moi ?
Feu Follet : S’il vous plaît, parlez-moi d’amour, des mots d'amours !!
La diseuse : Tu m’agaces avec ton insistance et ton agitation me lasse, comment veux tu attraper les mots si jamais tu ne te poses ? Tu les indisposes et ils s’envolent.
Feu Follet : Alors il me faudrait ne pas bouger ?
La diseuse : Non ! Immobile tu les inquiéterais bien plus encore ! Mais arrêtes de virevolter, vois, tu viens de les faire fuir, il va me falloir encore les ré-apprivoiser, sauves-toi, ta présence m’indispose et ta lueur me dérange. Je n’ai de temps à perdre avec de petits sots qui ne savent pas lire.
Feu Follet : Alors il me faudrait moi aussi les apprivoiser ? Les lire ?
La diseuse : Tu commences à me distraire…, mais je n’ai plus de temps, sauves-toi,
.
Et Feu Follet de repartir avec sa question, puisqu’il faut les lire, lisons les, il est bien un Honorable personnage qui saura les lui épeler. Et de se précipiter tout agité dans la nuit sombre chez le semeur, pour tambouriner à sa fenêtre
L’honorable personnage : que viens-tu me troubler à cette heure tardive mon ami Feu Follet ? Quelle est cette idée qui te bouleverse tant que rien ne semble pouvoir t’arrêter ?
Feu Follet : Je veux un mot, tout de suite, maintenant, ouvres-moi tes feuillets !
L’honorable personnage : Te voilà bien agité, poses toi là sur la table.
Feu Follet : Mais je ne peux me poser, comment pourrais-je éclairer ? Ouvres moi tes feuillets !
L’honorable personnage : Feu Follet, il fait nuit, ils sont endormis, attends avec moi le point du jour,
Feu Follet : Mais je ne peux attendre, il me faut lire, la diseuse me l’a ordonné
L’honorable personnage : Dis moi l’as-tu bien écouté ? Que t’a-t-elle dit ?
Feu Follet : L’écouter ? Que me dis-tu ? bien sur que je l’ai écouté, elle m’a dit qu’il fallait les lire, réveilles tes feuillets !
L’honorable personnage : Doucement Feu follet mon ami, le jour point, éclaires moi …ouvrons le premier volume, aimer, aimé, a….. Que vois-tu ?
Feu Follet : Des points et des traits, des gouttelettes noires sur un lit blanc, rien qui ne me parles, qu’est ce que cette magie ?
L’honorable personnage : Mais tu ne sais pas lire Feu Follet ! Poses-toi, je vais t’expliquer.
L’explication dura longtemps puis l’Honorable sembla d’un coup très vieux et très fatigué, il pria Feu Follet de le laisser lui ouvrant la fenêtre.
.
Feu Follet se retourna, vit la fenêtre refermée, il s’arrêta de virevolter soudain, que lui avait dit l’Honorable, de se précipiter, d’hâter le cocher ? il s’assit sur le rebord de la fenêtre, sa lueur soudain pâlissante, se hâter, mais vers où ?
Il s’envola au hasard glissant dans le jour bleuissant, ses ailes lui semblaient lourdes, qu’avait dit l’Honorable ? Ce qui à l’instant lui avait semblé limpide, s’évanouissait dans la brume. Son chemin le conduisit jusqu’aux portes de la diseuse
Feu Follet : Bonjour diseuse,
La diseuse : Te revoilà, je termine ma nuit, tu es bien pâle, tu ne me demandes rien ce matin ?
Feu Follet : J’ai suivi votre conseil, je suis allez lire.
La diseuse : Toi ? Lire ? Il ne me semblait pas que …
Feu Follet : Oh non, je ne sais pas, l’Honorable m’a lu
La diseuse : Et alors ? Te voilà plus renseigné ?
Feu Follet : Et bien non,
La diseuse : Et tu t’en étonnes ? Décidément tu es bien sot, ne t’avais-je dit qu’il fallait les apprivoiser ? Mais je vois que ta lueur s’est affaiblie, c’est bien, je commence à croire que je n’ai pas perdu mon temps avec toi. Entres un temps te réchauffer.
Feu Follet entra et se mit à virevolter doucement dans la pénombre de la pièce fraîche
La diseuse : Mais poses toi donc, tu vas les réveiller
Feu Follet : Mais ma lumière ?
La diseuse : Ne vois tu pas qu’elle ne m’est d’aucune utilité ? Poses toi et expliques moi
Feu Follet : L’Honorable m’a lu,
La diseuse : Et après ?
Feu Follet : Je me suis senti tout triste, sans raison, et je suis venu jusqu’à toi.
La diseuse : C’est bien,
Feu Follet : Bien que je sois triste ?
La diseuse : Non que tu sois revenu me voir. Vois tu je suis plus vieille que toute les vieilles,
Feu Follet : Plus vieille que l’honorable ?
La diseuse : Bien plus vieille. Mais cesses de m’interrompre. Que t’ai-je dis ? Qu’il fallait les apprivoiser et toi tu virevoltes endiablé, tu sors l’Honorable de son sommeil, tu exiges qu’il te lise, et tu t’étonnes de te sentir triste ? C’est à se demander si je pourrais t’apprendre quelque chose.
Feu Follet : Mais je veux apprendre, sinon comment pourrais je briller et que dirais je au cocher ?
La diseuse : Le cocher ? Quel cocher ? Bon peu importe, écoutes-moi. Il te faut d’abord apprendre les lettres et de ses lettres viendront les mots et quand tu sauras les lire tu reviendras me voir,
Feu Follet : Et je saurais quand ?
La diseuse : Personne ne le sait, mais retournes voir l’Honorable et cette fois comportes toi bien et puis arrêtes de t’agiter tu me fatigues.
.
Feu Follet s’envola lourdement, pour retourner chez l’Honorable, il gratta doucement à sa porte
L’Honorable : Mais c’est de nouveau toi, mon ami Feu Follet, te voilà bien pâle, entres donc, que t’arrive t’il, n’as-tu pas trouvé le cocher
Feu Follet : Si il était bien là, mais je ne l’ai pas appelé, je me suis rendue chez la diseuse,
L’Honorable : Que t’a-t-elle dit ?
Feu Follet : Que je devais apprendre, que je devais revenir te voir
L’Honorable : Et cette fois tu l’a écouté, c’est bien, prend place à mes côtés, éclaires-moi, tu me tiendras compagnie, et moi je t’apprendrais,
Feu Follet, c’était dans sa nature, de triste se remit à briller, tout gai à cette idée, il fronça les sourcils pour faire sérieux, pris un air inspiré et éclata de rire
L’Honorable sourit doucement, pas trop fort tout de même, c’était affaire sérieuse.
20:18 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








