15.09.2008

L'amour

Etre

Le premier venu.

René Char

20.04.2008

camino,

Voyageur, le chemin1878376934.jpg
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.

caminante no hay camino.. se hace el camino al handar -  Antonio Machado

 

photo : Didier

13.04.2008

le tissu de l'âme - Gilles Deleuze

39310021.jpgQu’est ce que ça veut dire le tissu de l’âme ?

Il ne faut pas croire que l’âme soit une espèce de balance qui attend les poids sur elle . Ce qui compose le tissu de l’âme, c’est, nous explique Leibtnitz, un fourmillement, un fourmillement de petites inclinations qui ploient, qui plient l’âme dans tous les sens. Un fourmillement de petites inclinations

Vous vous rappelez le fond de la monade, qui est un tapis, qui est tapissée  mais en même temps cette tapisserie forme des plis.

Un tissu de l’âme fourmillant avec des plis qui se font et se défont à chaque instant, une multiplicité, une multiplicité de petites tendances de petites perceptions

C’est ce tissu de l’âme et cette multiplicité qui lui appartient que Leibnitz pour son compte va désigner en se servant d’un mot que Locke avait introduit à savoir le mot inquiétude.

Ce que Locke appelle inquiétude, c’est précisément ce fourmillement qui ne cesse à aucun instant comme si mille petits ressorts ... Le thème du ressort constant chez Leibnitz, en fonction de la force élastique, si la force est élastique alors, les choses sont comme mues par des petits ressorts, mille petits ressorts

En d’autres termes vous ne cessez de fourmiller et c’est comme si, cet espèce de tissu vivant ne cessait pas de se plier dans tous les sens

C’est une espèce de prurit, l’inquiétude est un prurit, l’âme est perpétuellement dans cet état de prurit...

extrait d’un cours de Gilles Deleuze, merci Olivier de ce beau cadeau

photo très à propos de didier

05.04.2008

les petites phrases...

211027749.jpgIl est des petites phrases qui vous gratouillent, vous turlupinent et vous tourneboulent. De ces maximes-sparadrap en direct de chez le capitaine Haddock, qui ne vous lâchent plus et vous tombent dessus dès que vous faites mine de ne penser à rien,

Parfois il faut des années pour en venir à bout, elles tournent et retournent, mettent le bazar dans ce qui semblait ordonné, prennent un malin plaisir à nous voir ne rien y comprendre… Vous vous sentez tranquille, la journée a été dure, Morphée vous tend enfin les bras ?... les voilà qui rappliquent avec l’air de ne pas y toucher… Pas de souci... vous allez juste y penser une minute puis vous passerez à autre chose, et... vous voilà plongé dans les affres de la réflexion…

Vous ne voyez pas ce dont je parle ? Allez, je vais vous donner quelques exemples de ces agaceuses de têtes,

La première m’arriva un jour, autour d’un plateau d'huîtres, l’hôte était charmant, nous devisions tranquillement, le vin était délicieux et voilà que celui qui n’était pas encore un ami me dit « il faut rassembler ce qui est épars »… Le repas se poursuivit normalement, un moelleux au chocolat pour le terminer…tout allait bien....

Et puis, de retour à l’hôtel, je m’allongeais, bien décidée à ne rien faire que de me laisser porter par la griserie du vin et.. la voici qui rapplique ! Sur ses talons, claquant sur le parquet… rassembler ce qui est épars, …avec un petit sourire en coin.Elle était accrochée, elle n’allait pas me lâcher de si tôt...

Alors donc, rassembler ce qui est épars...  facile, me dites vous ? Et bien réfléchissez-y… Essayez donc de rassembler ce qui est épars

Au début tout va bien, on les voit les morceaux un peu décollés, un petit effort, un bon tube de glu et voilà qui est fait. Mais c’est qu’elle ne s’en va pas, la maudite petite phrase, elle s'accroche…allez rassemble ce qui est épars !

Alors on se dit que peut être ce n’est pas si simple, que si elle ne part pas c'est que le travail n'est peut-être par terminé. On regarde un peu plus loin et on en trouve d’autres, des morceaux, des morceaux épars, éparpillés… et on se retrouve à faire le grand écart pour en tenir un sans en lâcher un autre… et puis sous les morceaux on en trouve d’autres dont on ne soupçonnait même pas l'existence, et cela n'en finit pas…

Vous comprenez mieux ce que je veux dire maintenant quand je parle de petites phrases qui tourneboulent ? Pas vraiment ? Bon, je vais vous donner un autre exemple pour finir de vous convaincre…

Je me sentais presque héroïque, j’avais commencé à comprendre pourquoi il fallait effectivement rassembler ce qui est épars … (non non, n’allez pas imaginer que je vais vous dire ce que j’ai compris ! Faites le boulot de vous même !) … quand, le même « ami » qui commençais à sérieusement m'énerver à mesure qu'il devenait un ami, donc l'ami en question, devant un nouveau plateau d'huîtres (il faudra que je trouve un jour s’il y a une corrélation entre les huîtres et les phrases-glu) me lâcha incidemment …deviens ce que tu es ! … merci l'ami !  Et me voilà de nouveau embarquée !

Alors cher Pindare poète grec repris par Nietzsche, tu aurais pu dire «devient ce que tu sera » ça c’était facile, on progresse et au final on devient quelqu’un de bien, et tout est merveilleux ! Mais non tu emploies le présent, deviens ce que tu es… Et tu ne nous dis pas que l’on doit devenir qui nous sommes, non mais bien ce que nous sommes…

Vous je ne sais pas, mais moi, je ne trouve pas cela très facile de devenir ce que je suis… D’abord je ne sais pas bien ce que je suis, et puis, si je cherche, et même si pour cela je rassemble ce qui est épars, je ne trouve pas, ou alors des bribes, des morceaux, un peu flous et contradictoires, et puis au final, je finis pas m’inquiéter, et si je devenais ce que je hais ?

Bon je crois que vous avez compris…, ou alors que vous m’avez définitivement rangée dans la catégorie des bonnes à interner… Vous avez compris ces petites phrases qui ne nous lâchent pas avant d'avoir été au bout de leur effet. Ce primum non nocere qui m’a pris deux ans, ce connais toi toi-même aussi facile à dire que difficile à faire…

Alors pour ne pas vous quitter sans vous réjouir une dernière fois, je vous offre cette toute petite dernière, d’un autre « ami », nous parlions ensemble de l’importance qu’il y a à tailler sa pierre, et lui, sans prévenir, me demande « qu’as-tu fait des éclats de la pierre ? »… Celle-là je vous la laisse, pour ne pas être seule, avec un peu de chance c'est dans votre tête à vous qu'elle tournera…

En guise de conclusion ... une supplique… la prochaine fois que vous aurez une belle petite phrase, une maxime qui va révolutionner le monde, l’idée sans laquelle rien ne tourne, je vous en prie, demandez moi s’il me reste un peu de place dans la tête, avant de me la délivrer… je vous dirais si je ne préfère pas que vous me parliez du temps qu’il fait… !

photo de didier

19.03.2008

Le pouvoir de l'engagement de Goethe


"Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne,1821719501.jpg la possibilité de se rétracter demeure et
l'inefficacité prévaut toujours. En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est
une vérité élémentaire dont l'ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets
splendides. Dès le moment où on s'engage pleinement, la providence se met également en marche. Pour nous aider, se mettent en oeuvre toutes sortes de chose qui sinon n'auraient jamais eu lieu. Tout un enchaînement d'événements, de situation et de décision crée en
notre faveur toutes sortes d'incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n'aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin.... Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l'entreprendre. L'audace renferme en soi génie, pouvoir et magie."

merci tardif à Pho. pour cette image et ce texte, 

photo : didier