07.10.2009
J’aime bien les girafes
La girafe est à la vache
Ce que l’autruche* est à la poule
Ridicule, démesurée, admirable
La girafe broute le sommet des arbres
Et quand ils n’ont plus de sommets
Elle fait le grand écart
Jusqu’au plancher des vaches
La girafe porte une tenue de panthère
Petite elle la protège
Grande elle la distingue
La girafe est entre deux
Loin du sol, tendue vers le ciel
Tellement qu’on voudrait lui donner des ailes
D’ailleurs c’est ce qui est arrivé à l’autruche
Mais sans succès
Mais dites-moi …
Pilotis et périscopes
Vous croyez qu’elles craignaient de ne pas être embarquées par Noé ?
* j'aime bien les autruches aussi...
15:34 Publié dans Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.12.2008
la sagesse de l'autruche
« Après avoir tenté d’attirer votre attention sur la délicatesse de l’ânesse, puis avoir instillé le doute dans votre esprit, sur le fait que deux kilos de rats ne valent peut-être pas moins qu’un bon chien, je m’en vais à présent vous demander d’écouter ma plaidoirie pour une autre créature bien mal considérée et à tort ; l’autruche. »
« L’autruche ?» me direz-vous.
« Cet animal stupide qui a enflé autant que le bœuf au point de n’avoir du volatile que le souvenir ? Qui pond des œufs qu’aucune poêle ne peut accepter pour omelette ? Qui laisse les danseuses de cabaret s’orner de ses atours en un endroit dont on dit qu’il est celui où le dos perd son nom ? L'autruche qui passe son temps à mettre sa tête, qu’elle a bien petite au regard de son corps, dans le sable ? »
« Oui, l’autruche…
Je ne reviendrai pas sur sa corpulence, soulignant toutefois que vos propos sont un peu tendancieux.
Je vous laisserai également la responsabilité de savoir si la question des ornements des danseuses callipyges constitue un objet décent de discussion en ces lieux.
Je ne vous interpellerai pas plus sur votre incroyable manque de discernement au regard de la générosité d’un animal qui, si tant est que vous ayez le courage de beurrer les trois kilos de mouillettes qu’il peut accueillir, vous permet de rassasier toute votre famille réunie d’un seul de ses œufs... à la coque, .
Non, de tout cela je ne dirai rien, mais permettez moi de revenir plus longuement sur l’ensablement.
Ainsi, oui, l’autruche est connue pour avoir comme habitude, quand elle l’estime nécessaire, de mettre sa tête dans le sable.
Vous vous piquer de moquer cette pratique, vous vous gaussez à sa vue, mais, avez-vous un jour cherché à en comprendre le sens ? »
« Comprendre l’autruche » ?
« Oui, j’insiste, comprendre l’autruche, je tiens pour ma part ce bel animal pour l’un des plus sages que Noé ait bien voulu sauver des eaux. »
« Pourquoi ? » me direz-vous
« Parce qu’il a trouvé la clef de la sagesse.
Réfléchissez un peu. Vous ventez, ici ou là, la « méthode Coué » du nom d’un médecin célèbre pour avoir compris qu’il y a en chacun de nous bien souvent plus d’imaginaire que de malade. Vous appelez incidemment ailleurs à « pratiquer la pensée positive ». Et vous ne reconnaîtriez pas que l’autruche nous est, par bien des aspects, particulièrement proche ?
Je suis, je l’avoue, bien souvent autruche et j’y trouve, je dois le reconnaître, une certaine satisfaction.
Et partageant avec cet animal exemplaire cette pratique de l’ensablement, j’en ai retiré une petite philosophie qui, aux côtés des maximes immémoriales, constituent mon modeste viatique.
L’autruche, contrairement à ce que vous insinuez, est d’une lucidité remarquable. Elle dispose d’un sens aigu du discernement qui lui permet d’identifier à coup sur ce qu’il est préférable de faire montre d’ignorer pour être à même de poursuivre son voyage.
Ainsi, quand elle repère de son œil, qu’elle a acéré, ce qui, si elle ne faisait mine de l’ignorer, aurait pour effet d’entraîner des conséquences contraire à l’intérêt de chacun, et bien, avec une grande sagesse, qu’il vous serait bien inspiré d'imiter, elle enfouie, pour quelques brèves secondes, sa raison dans le sable de ses espérances. Et ce faisant, elle laisse au temps le soin de résoudre ce que ni elle, ni vous, ne seriez à même de solutionner.
Et, grâce à cette grande lucidité, l’autruche, continue son petit bonhomme de chemin, vous présentant ses plus beaux autours, vous nourrissant de sa générosité, et, vous donnant, l’occasion rare et vitale d’en rire….
Je conclue, ainsi ma plaidoi-rire, espérant que désormais, vous porterez sur cet animal d’une rare subtilité, un regard bien plus conforme à ce qu’il mérite !
13:35 Publié dans Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : autruche
08.11.2008
l'ânesse
C’est joli une ânesse
Ça a de grands yeux bruns doux et un peu tristes
sous des longs cils.
Des grandes oreilles tour de contrôle.
Un nez tout doux et des lèvres mobiles
qui savent prendre du chardon, juste
la fleur sucrée sans jamais se blesser.
C’est très poli une ânesse.
Ça ne braie qu’en cas d’absolue nécessité.
Sinon c’est tout silencieux
sur ses sabots délicats.
Mais c’est gourmand une ânesse
ça aime le son plus que de raison.
Alors de temps à temps
ça fait l’ânesse
et ça réclame du son, du son, du son !
19:38 Publié dans Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anesse, chardon, son








