29.07.2009
Saint Appronien
Saint Appronien, patron des huissiers disait : "Mon dieu, mon dessein est de n'avoir nulle collusion avec la partie adverse de la mienne, je me propose de ne jamais saisir chevaux ou ce qui servirait au gain de la vie des débiteurs..."
Notre petit cheval des montagnes au moins est à l’abri !
17:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint appronien, huissier
Pardon
Pardon madame qui passez au pas lent de vos plus de 80 ans et levez un tout petit peu les yeux au ciel en mémoire d’un temps passé depuis trop longtemps,
Pardon elle et vous qui semblez vous ennuyez autour de cette table de restaurant où vous mangez en silence des plats qu’en d’autres temps vous auriez à peine touché
Pardon toi dont nous avons surpris le regard dans le métro et qui avait l’air si lasse,
Pardon à ceux que nous avons croisé, pardon de ces baisers échangés à chaque carrefour, de nos yeux brillants, de ses bras qui me seraient, de ces « je t’aime » murmurés,
Sachez simplement que quand on aime on aimerait que tout le monde aime…
17:35 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.07.2009
Attente,
Il est trop tôt pour qu'ils soient éloignés de mon ventre
Il faut du temps pour cela
De longues années
Des monceaux de papier s'accumulent
Que disent-ils de la chaleur et du froid
Des heures passées à écouter leur souffle
Emerveillée
Des larmes, quand en donnant la vie,
Je me désespérais des peines que je ne pourrais leur éviter
Je berce ma peur à ta douceur
23:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Mirroir
Ton absence révèle ta présence
Un mirroir inversé
Ton reflet en moi
Sans cesse
23:19 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les maisons
Qui a deux maisons n'a pas de raison
J'ai laissé la maison de béton
Pour mes pyrénées parisiennes
Au moment de la quitter
Elle m'a offert de belles mûres noires
Sur le mûrier apprivoisé
Elles régaleront d'autres que nous
Je n'ai pas eu le coeur de le déterrer
Le futur locataire est roumain
Il m'a dit "c'est une belle maison"
Et je me suis dite
Pour la première fois
Qu'il avait peut-être raison
Des maisons nous vont
D'autres non
23:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.07.2009
la matière brute de la vie
il faudrait enseigner l'incertitude disait Edgar Morin
incertitude
étonnement
surprise
la matière brute de la vie,
palpable
la mort
l'amour
23:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.07.2009
Murmure
Me reviens parfois dans le silence, comme un gout qui demeure
La sensation d’irréalité
Cette main qui tient ce verre est-elle mienne ?
Je prononce quelques mots à haute voix
Elle me semble toujours un peu étrangère
A cette autre muette
Qui murmure encore
Je ne frappe plus le mur
Il me suffit de l’effleurer
De sentir le grain de la toile tendue
Comme une preuve
Quand le silence s’efface
Le chuintement s’éteint
Et il m’arrive même d’oublier
De l’oublier
Sais-tu que tu adoucis la distance ?
14:11 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Un jour je suis devenue femme, c'était le début d'un autre été
Un jour je suis devenue femme, je me souviens exactement du moment et du lieu où cela c'est passé. Il était 18h, c’était le début d’un autre été, il faisait chaud. J’étais assise sur un banc en bois et en pierre, dans Paris. Et j’ai senti la transformation s’opérer, exactement là, à cette seconde. Avant ce n’étaient des prémisses, des préparations, je n’étais pas encore de l’autre côté. Et là joyeuse et presque en colère, j’ai pris conscience de la mutation,
Alors comme ça je serai femme ! Femme ! Et j’aimerai être belle ! Et j’aimerai les hommes comme des hommes ! Et puis, parfois aussi je pleurerai…
Une femme, une meuf, une nana, une qui s’évanouie. Pire encore une femme blonde. Une qui aimera les jupes et les talons. Une qui se sentira flattée du regard des hommes. Une qui aimera leur désir.
Je serai une femme et j’aimerai infiniment l’être. J’aimerai l’homme que j’aimerai un jour comme un homme et j’aimerai qu’il m’aime femme. J’aimerai qu’il me trouve belle, qu’il me regarde et me dise « on s’en va » et que vingt minutes après nous fassions l’amour.
J’aimerai être futile parfois et dépensière, j’aimerai ne pas savoir faire ce que les hommes savent faire. J’aimerai être mère et sentir mon ventre déchiré quand mes enfants seront loin de moi. J’aimerai être femme et je n’abdiquerai ni ma raison, ni ma force, ni mon esprit. J’aimerai poser ma joue sur son épaule. J’aimerai quand il me dira « tu es courageuse », comme on le dirait à quelqu’un pour qui se serait un effort de l’être.
Oh oui je serai femme ! J’aimerai qu’il cherche mon désir de sa main et que ses yeux brillent de me sentir humide. J’aimerai quand son envie sera impétueuse. J’aimerai son regard fier et doux quand le plaisir m’emmènera si loin que je croirai me perdre.
J’aimerai le regard des hommes dans la rue quand je marcherai, je le sentirai et parfois je croiserai leurs yeux et ils sauront que j’ai compris ce qu'il y a derrière.
J’aimerai savoir que tu es différent de moi parce que tu es un homme. Et plus je serai femme et plus j’aurai de plaisir à t’accueillir comme homme. J’aimerai ton désir palpable, tes pupilles qui progressivement s’élargiront à mesure que tu sentiras ton sexe se dresser. J’aimerai ton regard qui rajeunira. J’aimerai tes bras qui s’ouvriront et m’enserreront quand les larmes me viendront. J’aimerai t’entendre dire « je suis là ».
Tout cela je l’ai su à cet instant sur ce banc de bois et de pierre, dans cette cour, dans Paris. En une seconde, révélé ce qui serait désormais.
11:01 Publié dans Des mots des sens | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : femme
Défilé
C’est le 14 juillet,
Les troupes alignées au millimètre défilent à la Concorde
Je range dans mes bibliothèques
mes bataillons de livres
en ordre dispersé.
10:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Déménagement
Les vêtements nous racontent, ils se sédimentent et les déménagements nous font archéologues.
Pour qui avais-je acheté cette robe du soir bleu nuit, bien trop longue, bien trop belle ? Il s’en est allé, je ne l’ai jamais portée. Et cette blouse de coton sable qui voisine quelque soierie de nuit, était-ce la même qui portait l’une et l’autre ? Couleurs et tailles se succèdent comme les cercles sur le tronc de l’arbre coupé.
Voilà le vieux tablier rapiécé, en mauvais nylon mais protégé dans un papier de soie. Tu rirais de savoir que je l’ai gardé, toi qui en faisait collection. Et ce pull en laine toute douce, j’avais mis des mois à le tricoter, il était trop petit pour mon petit géant, il servira aux poupées.
Je n’ai pas trié, les étoffes ont retrouvé le fond des armoires, d’autres histoires les rejoindront, jusqu’à ce qu’une nouvelle transhumance les ramènent à la lumière.
00:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note








