25.05.2009

Attente et soleil

L'attente de nouveau

Jusqu'aux confins de l'été

Et qu'importe nos vies suspendues

 

"Tu crois qu'on a le droit au bonheur même quand on vient d'apprendre une mauvaise nouvelle ?"

Il a souri, il m'a serrée dans ses bras, il m'a dit oui,

Lionne et louve

"Tu es une lionne" m’a-t-il dit…

ils avaient dit ça d’elle aussi,

plus tard il a ajouté "tes yeux de louve"

il y avait du loup dans son regard

Mai

Mai fait ce qui lui plait

Mais l'orage

Furieux de voir l'été au printemps

Menace de faire tomber le ciel

 

18.05.2009

Création

Quand le plus pur de toi

éveillait le plus pur de moi

quand les torrents nous emportaient

nous étions au coeur même du principe

dans la matière en fusion,

recréant la création

suspendue

Elle a écrit ce qu’elle a jugé bon de décider

Puis elle est allée se coucher

La conscience bien tranquille

Du travail accompli

 

Maintenant elle dort

Elle dort et moi je veille

Imaginant ce que sa plume a tracé

Ma vie suspendue à cet accolement de mots

Qui dessine mon horizon

 

Demain je saurai si l'attente a cessé

10.05.2009

A tendre,

 

L'attente comme une seconde nature,

Attendre, tendre et rester tendre,

Là-bas ils disent esperar

08.05.2009

(11 et fin) le 5ème jour

Le 5ème jour, dès le début de l’après midi, les habitués s’installèrent, le chat, les volatiles, les enfants, la nounou… et le gardien, plus du tout grincheux, qui jusqu’à 17h organisa l’installation de la foule qui convergeait vers la placette et son bassin. Il en venait de partout, des visages qu’il n’avait jamais croisé, d’autres qu’il avait vu enfant plusieurs années auparavant et n’étaient pas revenus depuis...

A l’heure dite, elle arriva précédée par le silence, avec ses cheveux longs, sa jupe de tissu, son grand sac et son sourire. Comme les jours précédents elle s’installa au milieu de tous sur son fauteuil de parc. Le chat se roula en boule sur ses genoux et la voix commença.

Jusqu’à 17h45 il n’y eut d’autres sons que celui, cristallin, qui lisait calmement.

Puis un frémissement traversa la foule… Le gardien se dressa sur la pointe des pieds pour voir ce qui se passait. Un murmure semblait se diffuser du centre vers le pourtour de l’assemblée comme une onde dans l’eau du ruisseau qu’une pierre aurait fendu. Il comprit alors ce qui se passait.

Dans son grand livre, la voix venait de tourner la dernière page…. Le murmure s’arrêta et avec lui le souffle de tous ceux, hommes ou animaux, qui s’étaient groupés là, recueillis, autour de la voix.

Elle égrena alors les derniers mots et se tut.

Un frisson parcouru la foule comme au sortir d’un rêve. Le silence habité par la voix devint silencieux et pesant. L’air lui-même sembla s'arrêter de respirer. Quelques regards s’échangèrent… une immense hésitation.

Alors s’était fini ? N’allait-elle pas sortir de son cabas magique quelques autres ouvrages ? Retourneraient-ils tous à leurs vies ? Tout cela avait-il existé ?

Le silence sembla s’éterniser. La voix, muette maintenant, regardait autour d’elle en souriant comme étrangère à la tristesse qui contaminait progressivement l'assemblée. Quelques secondes encore et ce serait fini…


Alors, de cet attroupement improbable, s’éleva une petite voix, fluette et pas bien assurée : « Il était une fois.. »… tous les regards convergèrent vers le bassin où Léon, assis entre Pierre et Elise au sourire complice, avait ouvert un grand livre coloré…


(10) La voix semblait envahir le silence

La voix semblait envahir le silence, comme le son pur et clair d’un ruisseau dans un sous-bois.

Il se dirigea vers le centre du parc. A chacun de ses pas, son agacement s’effilochait.

Quand il parvint aux abords de la pièce d’eau il ne fut même pas étonné. Cette foule assemblée, silencieuse, souriante, cette voix, assise sur un fauteuil, ce chat sur ses genoux, ces enfants si turbulents et aujourd’hui si attentifs… tout cela lui paru évident, naturel.

Il resta debout sur le talus, jusqu’à 18h et il la vit refermer son grand livre, le glisser dans son sac de toile, caresser le chat, le poser délicatement à ses pieds, se lever, regarder autour d’elle en souriant, puis s’en aller à travers la foule, sans que personne ne cherche à la retenir.

Alors chacun se sépara, les joggers d’un côté, les musiciens de l’autre, les mamy et les papy, les poussettes et les vélos, les pigeons et enfin le chat, qui trottina vers les fourrés.

Il surprit à leur passage quelques bribes de conversation entre Léon Pierre et Elise. Ils parlaient à voix basse comme trois conspirateurs. Qu’avaient-ils en tête ? Il tendit l’oreille mais ne put comprendre de quoi il retournait.


Il demeura longuement sur place puis s’en retourna, sa valise toujours à la main vers son chez lui, étonné d’entendre de nouveau les bruits de la ville.

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