08.05.2009

(10) La voix semblait envahir le silence

La voix semblait envahir le silence, comme le son pur et clair d’un ruisseau dans un sous-bois.

Il se dirigea vers le centre du parc. A chacun de ses pas, son agacement s’effilochait.

Quand il parvint aux abords de la pièce d’eau il ne fut même pas étonné. Cette foule assemblée, silencieuse, souriante, cette voix, assise sur un fauteuil, ce chat sur ses genoux, ces enfants si turbulents et aujourd’hui si attentifs… tout cela lui paru évident, naturel.

Il resta debout sur le talus, jusqu’à 18h et il la vit refermer son grand livre, le glisser dans son sac de toile, caresser le chat, le poser délicatement à ses pieds, se lever, regarder autour d’elle en souriant, puis s’en aller à travers la foule, sans que personne ne cherche à la retenir.

Alors chacun se sépara, les joggers d’un côté, les musiciens de l’autre, les mamy et les papy, les poussettes et les vélos, les pigeons et enfin le chat, qui trottina vers les fourrés.

Il surprit à leur passage quelques bribes de conversation entre Léon Pierre et Elise. Ils parlaient à voix basse comme trois conspirateurs. Qu’avaient-ils en tête ? Il tendit l’oreille mais ne put comprendre de quoi il retournait.


Il demeura longuement sur place puis s’en retourna, sa valise toujours à la main vers son chez lui, étonné d’entendre de nouveau les bruits de la ville.

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