28.02.2009
Feu Follet et l'Honorable - Une saison
L'Honorable avait le sentiment un peu étrange que Feu Follet ne s’était pas encore… déterminé. Il y avait en lui la promesse que contient le bourgeon quand on ne sait encore quel fruit ou quelle fleur il porte.
Feu Follet et l'Honorable - Une saison - pour le blog.doc
Voilà une saison de Feu Follet et l'Honorable rassemblée pour vous ...
20:07 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.02.2009
forme
Trop d’envies…
Tout doux
Fais tout doux
Fais patience
Fais silence
Trop de vie…
En berceuse
En silence
Souffle doucement
La forme ouverte
Là, très lentement
Oui, ouvre la fenêtre.
01:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.02.2009
la grand mère de Blanche
La grand-mère de Blanche
Se faisait un point d’honneur
A ne porter que du linge blanc et odorant
Afin que si, d’aventure et sans préavis,
Elle mourrait
Ceux qui viendraient veiller son corps
Ne puissent dire qu’elle n’était pas femme de bien
Blanche qui aimait beaucoup sa grand-mère,
Avait retenu la leçon à sa manière
Tous les matins, après avoir ouvert ses volets
Et s’être enquis de la couleur du ciel
Elle ouvrait sa commode
Et, devant sa psyché
Assortissait ses dessous à la couleur du jour
Que celui-ci soit gris
Et la guêpière était vieux rose
Pour se marier au parme des bas.
Qu’il soit de bleu et de soleil
Et le bustier se parsemait de fleurs
Que l’on pourrait entrevoir
Dans l’échancrure du corsage
Ainsi, si d’aventure et sans préavis
Elle se mourrait, d’amour,
Pour un passant aussi inattendu qu’entreprenant,
Il ne puisse être dit
Que Blanche, n’était pas femme de goût
21:14 | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Par coeur
Quand on était petit, on récitait par cœur des poésies. Un peu plus grande, j’ai appris par cœur des pages et des pages d’histoire ou de géographie que ma grand mère me faisait répéter à la virgule près. "Recommence tu t'es trompée !" me disait-elle. Oh comme j’y mettais du cœur !
Me reviennent aussi des vers de Musset mille fois prononcés comme des talismans, « Quand dans le désert, la cavale sauvage, attend un jour d’orage, pour boire l’eau du ciel sur les palmiers poudreux… ».
Et me voilà aujourd’hui, à apprendre quelques malheureux articles, le cœur en panne de réciter. Je prends l’article premier et déjà mon cœur se débat, je lis et relis le second et mon cœur vagabonde vers d’autres apprentissages, le troisième est là sous mes yeux mais je ne le vois plus.
Je voudrais t’apprendre par cœur, ouvrir mon cœur à tes sonorités, me laisser emporter…
09:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coeur
21.02.2009
Echo
En ce cloître païen
A la nuit tombée
L’écho sur le pavé
De mes rêves et des tiens
15:55 Publié dans Des mots des sens | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cloître, païens, pavé, écho
13.02.2009
Chagrin d'espoir
Le diable qui sort de sa boite,
N'aime pas du tout qu'on l'y remette
18:48 Publié dans des petits mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : diable, espoir, chagrin
11.02.2009
bon usage
"Et la seule façon de me remercier
c'est d'en faire bon usage..."
merci l'ami, je ferai bon usage de cette idée...
09:38 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.02.2009
l'Etoile
La tempête agite mon perchoir
Je n’ai pas fermé le volet
de la lucarne sur le ciel
Il faudrait qu’elle soit bien forte
Pour décrocher la lune
Le vent fait craquer les murs
Je vais m’endormir sur l’océan
Dans mon bateau immobile
que le grain malmène
En rêvant d’un Etoile,
01:20 Publié dans Des nuits | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : etoile, tempête, lune, bateau
02.02.2009
La confiture de mure (suite)
Arrivés dans la maison de l’Honorable, ils posèrent leur butin sur la grande table. Feu Follet posait mille questions, tournant et voletant autour du maître des lieux.
– Comment fait-on la confiture ? Et combien de temps faut-il la cuire ? Et combien faut-il de sucre ? Et comment saura-t-on quand elle est cuite ?
L’Honorable l’assit presque de force à la table et lui confia la mission d’extraire de leur cueillette les feuilles et les brindilles qui s’y trouvaient encore.
– Tu ne vas pas les laver ?
– Non Feu Follet, l’eau laverait le soleil et elles n’auraient plus de goût.
L’Honorable se dirigea alors vers le fond de la pièce, ouvrit la grande armoire et en sortit une antique balance à levier. Il la posa sur la grande table.
– Il nous faut maintenant peser notre récolte Feu Follet.
– Pourquoi Honorable ?
– Parce que nous devons savoir combien de sucre nous devons mettre.
L’opération terminée, l’Honorable pris le grand chaudron de cuivre, l’emplit des mûres et le posa sur le fourneau. Ensuite il versa la moitié du sucre qu’ils avaient préparé.
– Pourquoi juste la moitié Honorable ?
L’Honorable faillit éclater de rire, il était sûr que Feu Follet allait poser la question ! …
– Ça c’est mon secret Feu Follet, la moitié du sucre jusqu’à ce que les mûres commencent à fondre et l’autre moitié après…
Feu Follet sembla réfléchir un moment.
– Mais Honorable, ce n’est plus un secret maintenant puisque je le connais aussi.
– Et bien Feu Follet, il n’en prend que plus de valeur pour moi maintenant que nous le partageons
Feu Follet regarda l’Honorable, puis il secoua un peu la tête semblant rejeter une pensée et répliqua.
– Je suis honoré, je serais digne de ton secret.
Puis, d’un coup d’aile un peu trop vif qui trahissait toujours ses agitations intérieures, il s’approcha du chaudron de cuivre où commençait à fondre la goûteuse récolte. Des petites bulles mousseuses venaient rosir les pourtours cuivrés, le sucre disparaissait absorbé par le jus grenat.
Il approcha alors son doigt de la mousse attirante de plus en plus près et soudain, à son contact brûlant, le retira brutalement en soufflant dessus.
– Feu Follet ! s’alerta l’Honorable, tu t’es brûlé !
Feu Follet voletait sur place secouant son doigt. L’Honorable attrapa la cruche et la tendit à Feu Follet
– Mets ta main dedans.
Feu Follet trempa son doigt meurtri dans l’eau fraiche en faisant des mimiques tellement drôles que l’Honorable eut du mal à garder son sérieux.
« Tu dois faire attention Feu Follet ! » réussit-il à dire en masquant son sourire, puis il attrapa le reste du sucre, le versa dans le chaudron et tourna délicatement avec la cuillère de bois.
Feu Follet se rapprocha du poêle secouant toujours son doigt rougit. Il passa son nez au-dessus du chaudron pour humer les volutes de vapeur odorantes.
Tout deux attendirent que l’alchimie s’opère, tournant lentement les fruits et le sucre en fusion. Puis l’Honorable déclara.
– Cela suffit, arrêtons le feu.
Feu Follet alors demanda à l’Honorable.
– Comment sais tu qu’elle est cuite ?
Mais sans attendre la réponse et ne put s’empêcher de joindre le geste à la parole plongeant un autre doigt dans la marmite pour vérifier l’état de cuisson de la confiture. L’Honorable n’eut pas le temps d’arrêter l’imprudent et le second doigt pris le chemin du premier, du chaudron à la cruche d’eau fraiche.
Pour le tenir éloigné de la tentation jusqu’à ce que la température descende un peu, l’Honorable demanda à Feu Follet d’aligner les bocaux sur la grande table et posa le chaudron au centre. Et, pour lui éviter de nouvelles souffrances, il emplit une petite assiette de confiture bouillante en ajoutant :
– Attention Feu follet elle est brûlante ! Ne va pas te blesser de nouveau !
Mais Feu follet ne semblait plus avoir envie de réitérer l’expérience, il resta à regarder l’assiette en soufflant dessus doucement, il avait appris la patience aux dépens de ses doigts.
L’Honorable alors emplit seize pots de confitures. Il en garderait 12, les autres n’allaient pas tarder à trouver preneur. Feu follet s’était assis sur le banc de bois, le menton posé sur ses mains, il regardait l’alignement d’un air pensif.
– A quoi penses-tu Feu follet ? dit l’Honorable
Mais Feu follet n’eut pas le temps de répondre, on frappait à la porte
– Feu Follet veux-tu, s’il te plait, faire entrer notre visiteuse, mes jambes sont fatiguées…
C’était effectivement la Diseuse, Feu Follet lui ouvrit grand la porte, elle entra.
– Tu es bien poli Feu follet, je t’ai connu moins discipliné !
L’Honorable se leva et accueilli sa vieille amie.
– Tu vois Feu Follet, la Diseuse ne manque jamais de venir goûter la confiture fraiche.
Puis il se tourna vers la très vieille dame,
– Ce sont les oiseaux ?
Elle fit oui de la tête
Feu follet, un pas en arrière, regardait les deux vieux amis les yeux un peu ronds. Comme il allait poser une question, à savoir qui étaient ces oiseaux, il vit l’Honorable lui faire signe discrètement de ne pas insister.
Il attrapa alors la théière, et entreprit de faire du thé. Pendant ce temps, l’Honorable avait disposé devant la diseuse une petite assiette de porcelaine et une délicate cuillère d’argent que Feu Follet n’avait jamais vu auparavant. Puis il invita la Diseuse à s’assoir à la table de bois. Celle-ci se mit à déguster lentement la confiture noire et odorante.
L’Honorable et Feu Follet gardaient leurs yeux braqués sur elle, attendant son verdict. Elle prit tout son temps pour finir la coupelle de confiture, puis s’emparant de sa tasse de thé, but une longue gorgée et la reposa en disant :
– Elle est fameuse !
Feu Follet et l’Honorable sourirent tous les deux de soulagement et Feu follet se mit à voleter dans la pièce en chantonnant « elle est fameuse, fameuse, fameuse …»
L’Honorable se précipita alors vers la Diseuse dont il connaissait le peu de patience. Il prit le panier qu’elle n’avait pas manqué d’apporter et disposa à l’intérieur trois bocaux ventrus emplis à ras bord de confiture.
– Voilà Diseuse, pour l’hiver.
La Diseuse remercia l’Honorable et quitta la maison. Elle ne restait jamais très longtemps hors de chez elle. Elle avait une mission, et son goût immodéré pour les confitures ne la lui faisait pas oublier.
Feu follet repris sa place à la table alors que l’Honorable alignait les douze trésors sur le buffet
– Pourquoi 12 et pas 13 ?
– Parce que le 13ème est pour le cocher, tu iras lui porter si tu veux bien.
Feu follet acquiesça, malgré sa barbe d’ogre, le cocher était un brave homme qui aimait ses bêtes qui parcouraient le comté de leur lourd galop.
Puis il remit son menton sur ses mains posées sur le bord de la table
– Crois-tu qu’elles dureront jusqu’à notre prochaine récolte ?
– Je ne sais pas, qu’en penses-tu ?
– Je me disais qu’il faudrait les économiser.
– Oui.
– Comment fera t-on ?
– Pour quoi ?
– Et bien pour ne pas les manger tout de suite ! ajouta Feu Follet dans un éclat de rire.
L’Honorable sourit et finit d’aligner les douze pots sur l’étagère. Feu follet repris :
– C’est comme un calendrier de l’avent, mais de l’été. Peut être que si on les mangeait tout de suite l’été n’arriverait plus
– Pourquoi Feu Follet ?
– Parce qu’on l’oublierait alors il ne viendrait plus…
Il s’arrêta un instant, comme emporté par son idée.
– Peut être que c’est pour cela que la diseuse aime les confitures, c’est de la mémoire en pot.
– Elle répète les mots pour ne pas qu’on les oublie, et nous on fait des confitures pour garder l’été au chaud sur l’étagère »
L’idée lui plaisait manifestement beaucoup.
L’Honorable ne disait rien, il observait du coin de l’œil son jeune ami qui continuait à lécher son doigt qu’il trempait avec application dans la petite assiette restée sur la table, sa concentration l’émerveillait toujours. Puis Feu Follet fronça les sourcils.
– C’est loin l’été ?
– Une année Feu Follet.
– Une année…
Feu follet soupira légèrement, un voile de mélancolie se dessinant dans son regard,
– Une année… répéta-t-il comme pour lui-même.
Une année et douze pots de confitures, l’Honorable voyait devant les yeux de Feu Follet se décliner l’année à venir ; la fin de l’automne, l’arrivée des premiers froids, la période de presqu’hibernation, quand la neige envahissait le coteau, puis l’eau revenant, détrempant la campagne, et les premiers soleils qui la réchaufferaient, et la verdeur, et les beaux jours.... Le temps, ce n’était plus qu’une succession de saisons désormais pour lui. Mais comment serait le temps pour Feu Follet, où serait-il dans un an, que serait-il devenu ?
Le soir arrivait assombrissant lentement la pièce, l’Honorable regarda de nouveau son ami, il souriait doucement, comme rasséréné par ces douze pots de confiture qui découpaient en douze mesures l’année à venir.
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