30.12.2008
La théière
La porte était ouverte comme elle l’était toujours. C’était le milieu de l’après-midi dans l’été finissant. Il lança un joyeux « Bonjour Honorable ! ».
La maison était sombre, les persiennes tirées. L’Honorable était assis à la grande table de bois devant une tasse de thé. Il lui répondit « Bonjour Feu Follet ».
Feu Follet voulu ajouter « je voulais…» mais il laissa sa phrase en suspend. Quelque chose n’allait pas….
Certes l’Honorable lui avait répondu en souriant. Mais sa voix était éteinte et son sourire si las qu’il alarma Feu Follet. Que se passait-il ?
« Tu veux une tasse de thé ? » L’Honorable indiquait la vieille théière en fonte installée au centre de la table qui avait été le témoin de tant de leurs conversations.
Feu Follet acquiesça d’un signe et attrapa la tasse qui voisinait la théière. Il y avait toujours deux tasses au centre de la table. Le thé était froid, comme devait l’être celui de la tasse de l’Honorable.
Celui-ci était assis immobile, il regardait devant lui.Feu Follet ne savait que faire, l’Honorable semblait si triste, plus triste que la tristesse même.Il se sentit tout désemparé. Que pouvait-il lui si petit pour consoler une si grande tristesse ?
Ne sachant que dire, il ne dit rien. Il se leva et s’empara de la théière.Il avait vu maintes fois l’Honorable préparer le thé. Il disait qu’il était indispensable à la réflexion.Il emplit la théière d’eau fraiche et la posa sur le poêle.
Le thé était dans une boite en fer blanc. Il attendit que l’eau se mette à frémir, retira la théière du feu, jeta dedans deux pincées de thé et patienta un peu le temps qu’elles infusent. Il tournait le dos à l’Honorable, regardant la théière se demandant bien ce qu’il pouvait faire.
Puis il revint à la table et pris la tasse de l’Honorable, en jeta le restant froid, la remplit de nouveau et la ramena sur la table. L’Honorable n’avait pas fait un geste.
Alors il se rassit et ne trouva plus rien d’autre à faire ou à dire.
Le tic-tac de l’horloge résonnait dans la pièce, Feu Follet se dit qu’il ne l’avait jamais entendu tant leurs discussions étaient passionnées.
Il faisait presque noir dans la pièce, seule la porte ouverte laissait entrer la lueur du jour.Le temps semblait s’écouler au ralenti.Après de longues minutes, l’Honorable sembla sortir de sa rêverie, il prit sa tasse à deux mains et la porta à ses lèvres.
« Merci Feu Follet »
Ils restèrent ainsi un moment, chacun buvant son thé à petites gorgées.Feu Follet sentait son cœur tenter de se projeter vers celui l’Honorable, pour lui dire au-delà des mots qu’il ne connaissait pas : je suis là, je porte ta peine avec toi, quelle qu’elle soit, mon cœur n’est pas bien grand, mais je suis là. De longues minutes passèrent encore, puis l’Honorable se redressa, leva les yeux et le regarda.
«Je sais, Feu Follet, merci d’être là. »
Feu Follet se sentit tout gêné et heureux à la fois.Sans que rien ne le manifesta, il perçut dans son cœur celui de l’Honorable se réchauffer un peu.Puis, ce dernier brusquement se leva et d’une voix assurée proposa
«Veux-tu faire un tour ? Il fait froid ici »
Ne laissant pas le temps à Feu Follet de répondre, il prit sa canne et ils sortirent.L’air était chaud, le jour souriant.L’Honorable poussa la grille du jardinet et ils s’engagèrent sur le chemin.
Ils marchèrent longuement, sans rien se dire. Le silence ne pesait pas à ces deux-là qui avaient tant parlé.
20:11 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : honorable, feu-follet, tristesse, thé, coeur
Madame
Madame lit
Des romans interdits
Puis elle s’assoupit
Demain c’est mercredi
Madame s’inspecte
Dans son bain de bullettes
Son miroir l’inquiète
Elle compte ses ridelettes
Madame s’agite
Devant ses robes cogite
Ne sait plus, elle hésite
Demain c’est aujourd’hui
Madame rit
Dans les rues de Paris
Monsieur lui a dit
Qu’il la trouvait jolie
19:48 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jolie, mercredi, interdits, bullettes, miroir
28.12.2008
9/09/09
une date qui me met la tête à l'envers
alors je la regarde pas en dessous...
666 ?
ah ce n'était que lui !
dire que je croyais ne pas être capable !
Qu'il se le tienne pour dit !
il me fait rire avec ses cornes et ses pieds fourchus,
qu'il vienne !
j'en ai tué de bien plus terrifiants...
13:41 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : 666
25.12.2008
A vous...
De douces et tendres pensées pour vous,
Croisés ici, invités, lecteurs attentifs ou de passage, aimés déjà, aimés bientôt,
Merci de ce bonheur partagé,
13:57 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.12.2008
Pyrénées
Un ciel bleu d’hiver
Des sommets enneigés
La vallée est limpide
L’air ici est d’une pureté originelle presqu’intimidant,
13:23 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pyrénées
21.12.2008
un courrier comme un glas
9 septembre 2009,
un an de plus, écartelés,
je ne tiendrai pas,
17:43 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
départ
on calera tout ce qu'on peut
et puis on se glissera entre tout ça
on prendra la direction de la vallée
on roulera toute la journée
on pique-niquera sous la pluie
on arrivera épuisé
mais heureux
la tendresse nous attend là-bas
15:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sud
Jour de confesse
Une fois le mois.
A l'heure du déjeuner
Elle revêtait sa mantille
Et allait à confesse.
.
Toute de noir vêtue
Elle descendait la grand-rue
Sous le regard sombre des femmes
Et des hommes, émus
.
Combien auraient rêvé
Entre matines et vêpres
Douze fois dans l’année
Troquer leur tablier
Pour la soutane du prêtre
.
Elle n’oubliait jamais
En entrant dans l’église, de s’agenouiller
Devant la madone à l’enfant jésus
Elle se recueillait en silence
Avant de s’avancer repentante
Vers le confessionnal
.
Le prélat était un jeune curé
Qui, à son arrivée
Avait découvert
Que dans sa charge d’âmes
Il y en avait une
Plus vibrante que les autres
.
Il reconnut, sur les dalles de la nef
Le claquement des talons
C’était samedi de marché sur la grand-place
Et jour de confesse pour Blanche
.
Il savait que ce soir
Auprès du christ rédempteur
Il implorerait le pardon
Pour ses péchés de pensées
Que la confession espérée
Ne manquerait pas de susciter
.
Comme à l’accoutumée
Blanche fut honnête,
Elle ne commettait jamais péché de mensonge
Elle décrivit patiemment
A son confesseur rougissant
Ses péchés de chairs,
Renouvelés et voluptueux
Puis attendit, confiante, la sentence
et le pardon
.
Le tarif était immuable
Trois Pater pour un con
Et quatre Avé pour une fesse
08:34 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : péchés, pardon, con, fesse
12.12.2008
hein maman
qu'il est bien
enguirlandé
le sapin ?
07:55 Publié dans Mots bleu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loulous
10.12.2008
La pierre
Alors qu’à l’accoutumée, il profitait de la douceur du jour pour faire quelques pas, l’Honorable vit Feu Follet qui semblait abimé dans la contemplation d’une pierre.
Feu Follet lui tournait le dos. Il s’approcha sans bruit.
« Bonjour Honorable »,
Feu Follet n’avait pas bougé d’un centimètre, ne s’était pas retourné.
L’Honorable sourit, on ne pouvait pas surprendre ce rayon de lumière.
Il resta à quelques pas, silencieux et, s’appuyant sur sa canne, il regarda Feu Follet toujours immobile.
Il se dit qu’il savait bien peu de choses sur son ami.
Il ne l’avait jamais vu dormir, il apparaissait de nuit comme de jour, sans sembler tenir compte qu’il fit soleil ou pénombre. Il arrivait ainsi, de nulle part, souvent agité d’une question. Il ne s’enquérait jamais de savoir s’il dérangeait, cela ne semblait simplement pas lui traverser l’esprit. Pourtant, il n’était jamais indélicat. Il était simplement, plus présent au présent que nul autre.
L’Honorable laissait son esprit vagabonder, tout en continuant à observer Feu Follet. Celui-ci n'avait pas ajouté un mot depuis son bonjour, il ne quittait pas de yeux cette pierre qui ne semblait n’être rien d’autre qu’une pierre.
La situation n’étonnait pas l’Honorable, l’étonnement même eut été irrespectueux de la nature de Feu Follet. Le moindre soupçon d’impatience à son égard eut été une injure. Feu Follet n’inspirait tout simplement pas les sentiments médiocres. Qu’il soit entré dans sa vie était un tel cadeau et une telle exigence que souvent l’Honorable en ressentait une émotion profonde, qu’il n’aurait pu expliquer.
Qui était Feu Follet ? Il en savait si peu sur lui, bien qu’il ait le sentiment presque évident de le connaître.
Il se souvint de la première fois qu’il l’avait croisé. Il était tard, la lune était déjà haute mais les nuages la masquaient et la nuit était noire. Quand soudain, au sortir de la forêt, Feu Follet était apparu, effrayant les chevaux du cocher.
A cette minute l’Honorable avait su que sa vie serait bouleversée.
Il ne lui avait pas demandé d’où il venait ou qui il était. Toute question, il le sentait, eut été une énormité.
Poursuivant sa réflexion, l’Honorable se rendit compte qu’il ne s’était jamais vraiment interrogé sur qui était Feu Follet. Son ami était il une amie, ou un ami ? Ses attaches graciles éveillaient parfois en lui une émotion oubliée. Il avait la grâce du faune et l'impétuosité de la cavale.
L'Honorable avait le sentiment un peu étrange que Feu Follet ne s’était pas encore… déterminé. Il y avait en lui la promesse que contient le bourgeon quand on ne sait encore quel fruit ou quelle fleur il porte.
Avait-il un âge ? Parfois il lui semblait converser avec un enfant, à d'autre moment il se sentait bien immature aux côtés de sa sagesse.
Il aimait son impatience, son agitation et aussi sa capacité totale de concentration. Comme à l’instant, dans sa contemplation de la pierre. Une concentration qui était tout sauf passive. Il était immobile, nulle flammèche ne l’agitait et pourtant l’Honorable percevait la densité de sa présence, l’énergie contenue, brulante.
L’Honorable se laissait emporter, il le sentait, le savait. Il avait trop vécu pour ne pas reconnaître cette émotion. Mais il restait à sa place. C’était déjà un si joli présent d’être là.
« Cela fait une heure qu’il n’a pas bougé »
L’Honorable sorti de sa rêverie,
« De qui parles-tu Feu Follet ? »
« Et bien de lui ! »
Feu-Follet désignait la pierre
L’Honorable fit mine d’avancer, mais Feu Follet l'arrêté :
« Attention, ne va pas l’effrayer ! »
L’Honorable concentra alors son regard sur cette pierre qui semblait tant intriguer Feu Follet
Et, il distingua, une légère rupture dans son grain, indéfinissable. Il se tendit un peu plus vers elle, et découvrit ce qui fascinait Feu Follet.
Il y avait sur cette pierre, un lézard, un lézard de la famille des caméléons, presque invisible. Lui pourtant qui n’était qu’à deux ou trois pas ne l’avait pas vu dans un premier temps.
Feu Follet reprit la parole "A chaque nuage qui passe sa peau s’assombrit, puis elle s’éclaircit de nouveau, mais il ne semble pas en avoir conscience, je crois même qu’il dort. Je me demande qui commande ces transformations. Peut être est-ce le ciel, ou la pierre et qu’il n’est qu’un miroir. Peut-être est-il caméléon marlgré lui»
Feu Follet resta encore quelques minutes immobiles, se taisant,
Puis, dans un grand rire, il se redressa et claqua dans les mains. La pauvre bête fut presque suffoquée de surprise, elle resta une demi-seconde immobile de stupeur, puis bondit de la pierre, dans l’herbe, passant de gris au vert dans l’instant. Et, de toute la vitesse que lui permettaient ses courtes pattes, disparue dans un amas de broussailles.
Feu Follet tourna son visage vers l’Honorable, ses yeux étaient rieurs et l’Honorable eut un instant l’impression que son ami avait exactement entendu toutes les pensées qui lui avaient traversé l’esprit. Il en fut un moment troublé et bougonna un peu pour masquer sa gène : « Feu Follet, tu lui as fait peur ! Ce n’est pas bien aimable de ta part ! »
Feu Follet rit de plus belle, fit une pirouette et s’envola.
« A bientôt Honorable ! »
Ce dernier laissa alors le sourire envahir son visage,
C’était une bien belle journée.
10:28 Publié dans Feu Follet et l'Honorable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : caméléon, feu follet








