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28.06.2008

feu follet

Feu Follet entra en trombe ; Diseuse, parlez-moi d’amour !

La diseuse : Que viens-tu me déranger à cette heure, pour exiger je ne sais quoi de moi ?

Feu Follet : S’il vous plaît, parlez-moi d’amour, des mots d'amours !!

La diseuse : Tu m’agaces avec ton insistance et ton agitation me lasse, comment veux tu attraper les mots si jamais tu ne te poses ? Tu les indisposes et ils s’envolent.

Feu Follet : Alors il me faudrait ne pas bouger ?

La diseuse : Non ! Immobile tu les inquiéterais bien plus encore ! Mais arrêtes de virevolter, vois, tu viens de les faire fuir, il va me falloir encore les ré-apprivoiser, sauves-toi, ta présence m’indispose et ta lueur me dérange. Je n’ai de temps à perdre avec de petits sots qui ne savent pas lire.

Feu Follet : Alors il me faudrait moi aussi les apprivoiser ? Les lire ?

La diseuse : Tu commences à me distraire…, mais je n’ai plus de temps, sauves-toi,

. 

Et Feu Follet de repartir avec sa question, puisqu’il faut les lire, lisons les, il est bien un Honorable personnage qui saura les lui épeler. Et de se précipiter tout agité dans la nuit sombre chez le semeur, pour tambouriner à sa fenêtre

L’honorable personnage : que viens-tu me troubler à cette heure tardive mon ami Feu Follet ? Quelle est cette idée qui te bouleverse tant que rien ne semble pouvoir t’arrêter ?

Feu Follet : Je veux un mot, tout de suite, maintenant, ouvres-moi tes feuillets !

L’honorable personnage : Te voilà bien agité, poses toi là sur la table.

Feu Follet : Mais je ne peux me poser, comment pourrais-je éclairer ? Ouvres moi tes feuillets !

L’honorable personnage : Feu Follet, il fait nuit, ils sont endormis, attends avec moi le point du jour,

Feu Follet : Mais je ne peux attendre, il me faut lire, la diseuse me l’a ordonné

L’honorable personnage : Dis moi l’as-tu bien écouté ? Que t’a-t-elle dit ?

Feu Follet : L’écouter ? Que me dis-tu ? bien sur que je l’ai écouté, elle m’a dit qu’il fallait les lire, réveilles tes feuillets !

L’honorable personnage : Doucement Feu follet mon ami, le jour point, éclaires moi …ouvrons le premier volume, aimer, aimé, a….. Que vois-tu ?

Feu Follet : Des points et des traits, des gouttelettes noires sur un lit blanc, rien qui ne me parles, qu’est ce que cette magie ?

L’honorable personnage : Mais tu ne sais pas lire Feu Follet ! Poses-toi, je vais t’expliquer.

L’explication dura longtemps puis l’Honorable sembla d’un coup très vieux et très fatigué, il pria Feu Follet de le laisser lui ouvrant la fenêtre.

. 

Feu Follet se retourna, vit la fenêtre refermée, il s’arrêta de virevolter soudain, que lui avait dit l’Honorable, de se précipiter, d’hâter le cocher ? il s’assit sur le rebord de la fenêtre, sa lueur soudain pâlissante, se hâter, mais vers où ?

Il s’envola au hasard glissant dans le jour bleuissant, ses ailes lui semblaient lourdes, qu’avait dit l’Honorable ? Ce qui à l’instant lui avait semblé limpide, s’évanouissait dans la brume. Son chemin le conduisit jusqu’aux portes de la diseuse

Feu Follet : Bonjour diseuse,

La diseuse : Te revoilà, je termine ma nuit, tu es bien pâle, tu ne me demandes rien ce matin ?

Feu Follet : J’ai suivi votre conseil, je suis allez lire.

La diseuse : Toi ? Lire ? Il ne me semblait pas que …

Feu Follet : Oh non, je ne sais pas, l’Honorable m’a lu

La diseuse : Et alors ? Te voilà plus renseigné ?

Feu Follet : Et bien non,

La diseuse : Et tu t’en étonnes ? Décidément tu es bien sot, ne t’avais-je dit qu’il fallait les apprivoiser ? Mais je vois que ta lueur s’est affaiblie, c’est bien, je commence à croire que je n’ai pas perdu mon temps avec toi. Entres un temps te réchauffer.

Feu Follet entra et se mit à virevolter doucement dans la pénombre de la pièce fraîche

La diseuse : Mais poses toi donc, tu vas les réveiller

Feu Follet : Mais ma lumière ?

La diseuse : Ne vois tu pas qu’elle ne m’est d’aucune utilité ? Poses toi et expliques moi

Feu Follet : L’Honorable m’a lu,

La diseuse : Et après ?

Feu Follet : Je me suis senti tout triste, sans raison, et je suis venu jusqu’à toi.

La diseuse : C’est bien,

Feu Follet : Bien que je sois triste ?

La diseuse : Non que tu sois revenu me voir. Vois tu je suis plus vieille que toute les vieilles,

Feu Follet : Plus vieille que l’honorable ?

La diseuse : Bien plus vieille. Mais cesses de m’interrompre. Que t’ai-je dis ? Qu’il fallait les apprivoiser et toi tu virevoltes endiablé, tu sors l’Honorable de son sommeil, tu exiges qu’il te lise, et tu t’étonnes de te sentir triste ? C’est à se demander si je pourrais t’apprendre quelque chose.

Feu Follet : Mais je veux apprendre, sinon comment pourrais je briller et que dirais je au cocher ?

La diseuse : Le cocher ? Quel cocher ? Bon peu importe, écoutes-moi. Il te faut d’abord apprendre les lettres et de ses lettres viendront les mots et quand tu sauras les lire tu reviendras me voir,

Feu Follet : Et je saurais quand ?

La diseuse : Personne ne le sait, mais retournes voir l’Honorable et cette fois comportes toi bien et puis arrêtes de t’agiter tu me fatigues.

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Feu Follet s’envola lourdement, pour retourner chez l’Honorable, il gratta doucement à sa porte

L’Honorable : Mais c’est de nouveau toi, mon ami Feu Follet, te voilà bien pâle, entres donc, que t’arrive t’il, n’as-tu pas trouvé le cocher

Feu Follet : Si il était bien là, mais je ne l’ai pas appelé, je me suis rendue chez la diseuse,

L’Honorable : Que t’a-t-elle dit ?

Feu Follet : Que je devais apprendre, que je devais revenir te voir

L’Honorable : Et cette fois tu l’a écouté, c’est bien, prend place à mes côtés, éclaires-moi, tu me tiendras compagnie, et moi je t’apprendrais,

Feu Follet, c’était dans sa nature, de triste se remit à briller, tout gai à cette idée, il fronça les sourcils pour faire sérieux, pris un air inspiré et éclata de rire

L’Honorable sourit doucement, pas trop fort tout de même, c’était affaire sérieuse.

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