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12.05.2008

vacillement

tant espéré, tant imaginé, devenu irréel, mirage à midinette, amant dont on rêve, les yeux perdus dans le paysage, autre projeté, construit, sans autre liberté que d'être l'autre projeté,

un amant ami-imaginaire n'existant que par la volonté de l'imagineur, un amant étalon à l'aune duquel les autres étaient mesurés, un amant arpenteur pour parcelle cadastrée, jusque là il y a amant au delà il n'est pas, un autre parfait pour un soi imparfait,

un amant de solitude, empêcheur de mouvement, gageure perçue, léger mal au coeur, lassitude, elle se transformait parfois en sel, en promesse de résignation, en regard ironique du miroir, en serrement du coeur,

il ne pouvait qu'être autre, lointain, différent, inimaginé, inmesurable, je ne suis pas un parmi les autres,

vacillement 

 

 

11.05.2008

nuit blanche et douce

s'endormir le soleil déjà haut, presqu'à regret, se laisser éveiller par les enfants jouant dans la rue sur la fenêtre ouverte

1713981795.jpgla parole juste suspendue, je la sens bruisser en moi, son interruption presque incongrue

ainsi tout cela ne vous donne pas envie de fuir.... l'envie du silence grandit en moi 

Photo : Didier

la place de ma ville le dimanche midi

il y avait foule sur la place à l'heure du midi, la ville prenait sa vraie couleur, presqu'invisible habituellement, étrangement tendre

cette place là n'est pas pavée, elle n'est pas entourée de ces bâtiments au faux style italien tendance walt disney dont on fait les centres des villes qui n'ont pas de centre, non, cette place là, c'est un parking surchargé de voitures,

autour du parking, un petit supermarché, on y trouve de tout à deux fois moins cher, si on veut bien le manger deux fois plus vite, les commerçants sont adorables, même avec les plus pauvres de leurs clients, on y vend des "melons tachés" dont on vous coupe le mauvais morceau, il y a aussi une boucherie hallal, une épicerie tendance pakistanaise, le bureau de tabac pmu-loto, où on fait la queue le dimanche pour s'assurer un avenir qui tousse, ou se faire croire à des demains enchantés, et puis une église qui déversait sur le parking une noce ou un baptème, dames de couleur en chapeau, messieurs discutant autour des voitures,

en rentrant je suis passée par la place pavée, c'était une autre couleur,

 

 

 

 

10.05.2008

le sable

fuir le silence de l'âme dans l'assourdissement des sens

un à peine soulagement

et pourtant y revenir encore

pour ne pas se désenivrer,

je peine à voir la différence avec le néant,

tellement de temps à construire, le front tendu,

et le sable...

je croyais venir au réel, mais je dérive,

l'ennui était amarre,

je ne sais pas si j'aurai la force de risquer encore

l'horloge

822766845.2.jpgle silence là où je vis est indéfini

ni campagne ni ville

le chien qui aboit n'est pas un chien de ferme, son aboiement fait écho sur les murs en béton

les oiseaux sont monocordes

les voitures ne font pas de bruit ici, elles roulent doucement

mais les avions passent au dessus à rythme régulier, leur bruit arrive, passe et décroît au loin

il n'y a plus de cris d'enfants, c'est l'heure de la télé

elle est d'ailleurs inaudible, chacun ici respecte son voisin

parfois un bruit indéfini au loin, je ne les connais pas assez pour comprendre ce qu'il signifie,

ils ont mis la rue à sens unique, pour que les jeunes n'y fassent plus de rodéo,

tout va bien,

je n'arrive pas à me figurer leur vie, ici tout le monde se connaît depuis 20 ans,

je voudrais que le mur du jardin monte plus haut, je voudrais cette maison entourée d'eau,

j'entends l'horloge de la cuisine, je ne peux pas vivre, ici,

 

 

 

l'uni-vert

1797678708.jpgtorrents de verts

vert enroulé des fougères encore en pousse

1334286851.jpgvert étoilé des champs653870492.jpg

vert éclatant des frondaisons

vert presque noir des lières

vert tendre des feuilles presque fleurs

 

vert transpirant d'eau,ici tout est vert, la vie jaillissante, impudique

573186560.jpgle ciel ne semble être là que pour le souligner

mon regard fait provision,841544238.jpg

 

 

 

suspendue

la mort suspendue, un temps encore

elle est certaine, acceptée et pourtant incongrue

le fil est ténu, pourtant on est encore dans le plein

le vide est encore pour demain

comment sera ce vide, 

respiration, désespoir ? 

 

 

07.05.2008

éléments d'apaisement

"Une réaction normale à une situation anormale serait une monstruosité..." il y a des mots qui pansent...

et puis aussi des gestes, qui font l'énergie vibrer, qui suscitent et accueillent,

et puis d'autres mots encore dans la nuit, graves et doux,

 

l'apaisement par les autres apaisants,

06.05.2008

nausée

la laisser partir et garder en moi le sombre

bientôt plus rien ne pourra le dénouer

je trouverai seule

se souvenir de toute la force et la rassembler, en un dernier effort

me taire une dernière fois

qu'est ce qui me sera regret demain ?

nuit sans signe

le verbe serait alors courage et le silence lacheté ?

s'être cru courageux, se découvrir lâche

le temps du choix se restreint

bientôt demain courage ou lâcheté seront passés et présents à jamais

rien ne dit, rien n'est écrit, aucun signe ne sera donné

 

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