12.05.2008
vacillement
tant espéré, tant imaginé, devenu irréel, mirage à midinette, amant dont on rêve, les yeux perdus dans le paysage, autre projeté, construit, sans autre liberté que d'être l'autre projeté,
un amant ami-imaginaire n'existant que par la volonté de l'imagineur, un amant étalon à l'aune duquel les autres étaient mesurés, un amant arpenteur pour parcelle cadastrée, jusque là il y a amant au delà il n'est pas, un autre parfait pour un soi imparfait,
un amant de solitude, empêcheur de mouvement, gageure perçue, léger mal au coeur, lassitude, elle se transformait parfois en sel, en promesse de résignation, en regard ironique du miroir, en serrement du coeur,
il ne pouvait qu'être autre, lointain, différent, inimaginé, inmesurable, je ne suis pas un parmi les autres,
vacillement
10:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.05.2008
nuit blanche et douce
s'endormir le soleil déjà haut, presqu'à regret, se laisser éveiller par les enfants jouant dans la rue sur la fenêtre ouverte
la parole juste suspendue, je la sens bruisser en moi, son interruption presque incongrue
ainsi tout cela ne vous donne pas envie de fuir.... l'envie du silence grandit en moi
Photo : Didier
13:52 Publié dans Des nuits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
la place de ma ville le dimanche midi
il y avait foule sur la place à l'heure du midi, la ville prenait sa vraie couleur, presqu'invisible habituellement, étrangement tendre
cette place là n'est pas pavée, elle n'est pas entourée de ces bâtiments au faux style italien tendance walt disney dont on fait les centres des villes qui n'ont pas de centre, non, cette place là, c'est un parking surchargé de voitures,
autour du parking, un petit supermarché, on y trouve de tout à deux fois moins cher, si on veut bien le manger deux fois plus vite, les commerçants sont adorables, même avec les plus pauvres de leurs clients, on y vend des "melons tachés" dont on vous coupe le mauvais morceau, il y a aussi une boucherie hallal, une épicerie tendance pakistanaise, le bureau de tabac pmu-loto, où on fait la queue le dimanche pour s'assurer un avenir qui tousse, ou se faire croire à des demains enchantés, et puis une église qui déversait sur le parking une noce ou un baptème, dames de couleur en chapeau, messieurs discutant autour des voitures,
en rentrant je suis passée par la place pavée, c'était une autre couleur,
13:44 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.05.2008
le sable
fuir le silence de l'âme dans l'assourdissement des sens
un à peine soulagement
et pourtant y revenir encore
pour ne pas se désenivrer,
je peine à voir la différence avec le néant,
tellement de temps à construire, le front tendu,
et le sable...
je croyais venir au réel, mais je dérive,
l'ennui était amarre,
je ne sais pas si j'aurai la force de risquer encore
21:24 Publié dans Mots d'âme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
l'horloge
le silence là où je vis est indéfini
ni campagne ni ville
le chien qui aboit n'est pas un chien de ferme, son aboiement fait écho sur les murs en béton
les oiseaux sont monocordes
les voitures ne font pas de bruit ici, elles roulent doucement
mais les avions passent au dessus à rythme régulier, leur bruit arrive, passe et décroît au loin
il n'y a plus de cris d'enfants, c'est l'heure de la télé
elle est d'ailleurs inaudible, chacun ici respecte son voisin
parfois un bruit indéfini au loin, je ne les connais pas assez pour comprendre ce qu'il signifie,
ils ont mis la rue à sens unique, pour que les jeunes n'y fassent plus de rodéo,
tout va bien,
je n'arrive pas à me figurer leur vie, ici tout le monde se connaît depuis 20 ans,
je voudrais que le mur du jardin monte plus haut, je voudrais cette maison entourée d'eau,
j'entends l'horloge de la cuisine, je ne peux pas vivre, ici,
21:08 Publié dans Mots de ma ville et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
l'uni-vert
torrents de verts
vert enroulé des fougères encore en pousse
vert étoilé des champs
vert éclatant des frondaisons
vert presque noir des lières
vert tendre des feuilles presque fleurs
vert transpirant d'eau,ici tout est vert, la vie jaillissante, impudique
le ciel ne semble être là que pour le souligner
mon regard fait provision,
03:03 Publié dans Pyrénées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
suspendue
la mort suspendue, un temps encore
elle est certaine, acceptée et pourtant incongrue
le fil est ténu, pourtant on est encore dans le plein
le vide est encore pour demain
comment sera ce vide,
respiration, désespoir ?
02:51 Publié dans Mots d'âme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2008
éléments d'apaisement
"Une réaction normale à une situation anormale serait une monstruosité..." il y a des mots qui pansent...
et puis aussi des gestes, qui font l'énergie vibrer, qui suscitent et accueillent,
et puis d'autres mots encore dans la nuit, graves et doux,
l'apaisement par les autres apaisants,
00:49 Publié dans Mots d'âme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.05.2008
nausée
la laisser partir et garder en moi le sombre
bientôt plus rien ne pourra le dénouer
je trouverai seule
se souvenir de toute la force et la rassembler, en un dernier effort
me taire une dernière fois
qu'est ce qui me sera regret demain ?
08:54 Publié dans Mots d'âme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
nuit sans signe
le verbe serait alors courage et le silence lacheté ?
s'être cru courageux, se découvrir lâche
le temps du choix se restreint
bientôt demain courage ou lâcheté seront passés et présents à jamais
rien ne dit, rien n'est écrit, aucun signe ne sera donné
01:44 Publié dans Mots d'âme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





