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16.03.2008
Rilke, poête
L'amante
Voici ma fenêtre. Je viens
de m'éveiller si doucement.
Il me semblait flotter.
Où donc atteint ma vie,
où commence la nuit ?
Il me semble que tout
autour de moi soit Moi ;
clair comme l'épaisseur
d'un cristal, muet et noir.
Je pourrais prendre encore
les étoiles en moi ;
mon coeur paraît si vaste ;
il laisse sans regret
celui-là que j'allais
peut-être aimer, garder...
Etranger, page vierge,
mon destin me regarde.
Pourquoi suis-je placée
dans cette immensité,
embaumant comme un pré,
bercée de tout côté,
appelant et craignant
qu'on entende l'appel,
destinée à sombrer
dans un Autre.
11:13 Publié dans Mots d'eux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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