27.06.2009

Demain

Demain on laissera la maison de béton

Le voisin qui lavait sa voiture trois fois par semaine

Les arbres qu'ils avaient condamné

Les poubelles qu'on ne savait jamais quel jour sortir

L'herbe qu'on a arrété de couper

Le cerisier qui ne faisait pas de cerises

Les papiers peints à fleurs roses

Les silences des jours

et les barbecues des autres

 

On prendra les livres

Les jouets qu'on a pas trié

La photo de la girafe

Le canapé vert pomme

On mettra tout dans un grand camion

et on partira dans les Pyrénées

à Paris,

 

Et puis on espérera en la clémence des temps

25.06.2009

manque et ravissement,

Il lui manquait...

Et cela la ravissait.

08.06.2009

Si doux

Si doux

que la douceur même en était émerveillée,

 

01.06.2009

Pyrénées, la rue

Pyrénées la rue, Paris

J'écoute les bruits autour

 

On range de la vaisselle à l'étage

Un enfant jeune chante

Des pas dans l'escalier

Je ne sais pas encore à qui sont ces vies

 

Je n'ai pris qu'un tout petit bout de l'espace

Je conquèrerai les pièces une à une

La rue est un peu bruyante à mon silence

Nous la couvrirons de nos voix

 

Je vais pouvoir vivre ici, aimer aussi je crois,

25.05.2009

Attente et soleil

L'attente de nouveau

Jusqu'aux confins de l'été

Et qu'importe nos vies suspendues

 

"Tu crois qu'on a le droit au bonheur même quand on vient d'apprendre une mauvaise nouvelle ?"

Il a souri, il m'a serrée dans ses bras, il m'a dit oui,

Lionne et louve

"Tu es une lionne" m’a-t-il dit…

ils avaient dit ça d’elle aussi,

plus tard il a ajouté "tes yeux de louve"

il y avait du loup dans son regard

Mai

Mai fait ce qui lui plait

Mais l'orage

Furieux de voir l'été au printemps

Menace de faire tomber le ciel

 

18.05.2009

Création

Quand le plus pur de toi

éveillait le plus pur de moi

quand les torrents nous emportaient

nous étions au coeur même du principe

dans la matière en fusion,

recréant la création

suspendue

Elle a écrit ce qu’elle a jugé bon de décider

Puis elle est allée se coucher

La conscience bien tranquille

Du travail accompli

 

Maintenant elle dort

Elle dort et moi je veille

Imaginant ce que sa plume a tracé

Ma vie suspendue à cet accolement de mots

Qui dessine mon horizon

 

Demain je saurai si l'attente a cessé

10.05.2009

A tendre,

 

L'attente comme une seconde nature,

Attendre, tendre et rester tendre,

Là-bas ils disent esperar

08.05.2009

(11 et fin) le 5ème jour

Le 5ème jour, dès le début de l’après midi, les habitués s’installèrent, le chat, les volatiles, les enfants, la nounou… et le gardien, plus du tout grincheux, qui jusqu’à 17h organisa l’installation de la foule qui convergeait vers la placette et son bassin. Il en venait de partout, des visages qu’il n’avait jamais croisé, d’autres qu’il avait vu enfant plusieurs années auparavant et n’étaient pas revenus depuis...

A l’heure dite, elle arriva précédée par le silence, avec ses cheveux longs, sa jupe de tissu, son grand sac et son sourire. Comme les jours précédents elle s’installa au milieu de tous sur son fauteuil de parc. Le chat se roula en boule sur ses genoux et la voix commença.

Jusqu’à 17h45 il n’y eut d’autres sons que celui, cristallin, qui lisait calmement.

Puis un frémissement traversa la foule… Le gardien se dressa sur la pointe des pieds pour voir ce qui se passait. Un murmure semblait se diffuser du centre vers le pourtour de l’assemblée comme une onde dans l’eau du ruisseau qu’une pierre aurait fendu. Il comprit alors ce qui se passait.

Dans son grand livre, la voix venait de tourner la dernière page…. Le murmure s’arrêta et avec lui le souffle de tous ceux, hommes ou animaux, qui s’étaient groupés là, recueillis, autour de la voix.

Elle égrena alors les derniers mots et se tut.

Un frisson parcouru la foule comme au sortir d’un rêve. Le silence habité par la voix devint silencieux et pesant. L’air lui-même sembla s'arrêter de respirer. Quelques regards s’échangèrent… une immense hésitation.

Alors s’était fini ? N’allait-elle pas sortir de son cabas magique quelques autres ouvrages ? Retourneraient-ils tous à leurs vies ? Tout cela avait-il existé ?

Le silence sembla s’éterniser. La voix, muette maintenant, regardait autour d’elle en souriant comme étrangère à la tristesse qui contaminait progressivement l'assemblée. Quelques secondes encore et ce serait fini…


Alors, de cet attroupement improbable, s’éleva une petite voix, fluette et pas bien assurée : « Il était une fois.. »… tous les regards convergèrent vers le bassin où Léon, assis entre Pierre et Elise au sourire complice, avait ouvert un grand livre coloré…


(10) La voix semblait envahir le silence

La voix semblait envahir le silence, comme le son pur et clair d’un ruisseau dans un sous-bois.

Il se dirigea vers le centre du parc. A chacun de ses pas, son agacement s’effilochait.

Quand il parvint aux abords de la pièce d’eau il ne fut même pas étonné. Cette foule assemblée, silencieuse, souriante, cette voix, assise sur un fauteuil, ce chat sur ses genoux, ces enfants si turbulents et aujourd’hui si attentifs… tout cela lui paru évident, naturel.

Il resta debout sur le talus, jusqu’à 18h et il la vit refermer son grand livre, le glisser dans son sac de toile, caresser le chat, le poser délicatement à ses pieds, se lever, regarder autour d’elle en souriant, puis s’en aller à travers la foule, sans que personne ne cherche à la retenir.

Alors chacun se sépara, les joggers d’un côté, les musiciens de l’autre, les mamy et les papy, les poussettes et les vélos, les pigeons et enfin le chat, qui trottina vers les fourrés.

Il surprit à leur passage quelques bribes de conversation entre Léon Pierre et Elise. Ils parlaient à voix basse comme trois conspirateurs. Qu’avaient-ils en tête ? Il tendit l’oreille mais ne put comprendre de quoi il retournait.


Il demeura longuement sur place puis s’en retourna, sa valise toujours à la main vers son chez lui, étonné d’entendre de nouveau les bruits de la ville.

29.04.2009

..

Il l’aimait douce et heureuse

Alors elle l’était

Et ça la rendait triste, parfois.

25.04.2009

feulement,

L'espace avait changé

je m'y mouvais habitée,

Un enveloppement d'en dedans

une autre densité

 

Il suffisait que j'interrompe mon mouvement

pour qu'il m'envahisse

alors le sourire venait, de l'intérieur

un feulement, gardes-moi,

 

 

(9) Mais les passants n'étaient pas les seuls

Mais les passants n’étaient pas les seuls intrigués. Ce jeudi était veille du jour où le gardien, qui s’était absenté pour aller voir sa vieille mère en Picardie, revenait à son poste. Descendant du train il ne put s’empêcher de faire un détour par le parc avant de rentrer chez lui. Cet hectare de verdure au cœur de la ville c’était son univers. Depuis 15 ans déjà il y faisait régner l’ordre. Il jouait à merveille le gardien bourru et grincheux, lui qui toute sa vie d’avant avait fait rire des légions d’enfants dans le cirque dans lequel il était clown. Mais le cirque avait fermé, alors il était devenu gardien.

L’entrée du parc était encore à une centaine de mètres quand son instinct fut alerté. La rue qui longeait son domaine était bizarrement silencieuse. Non qu’il n’y eut pas de voiture, mais elles roulaient … sans faire de bruit. Il eut peur un instant d’avoir perdu l’ouïe et maugréa contre la vieillesse qui emportait ses forces. Mais, soudain, il entendit la voix. Elle semblait venir du parc. Que se passait-il ? Qui avait décidé sans le prévenir d’y organiser une manifestation ? Il se précipita à l’intérieur, au comble de l’énervement. Si « on » avait l’intention de passer outre son avis, « on » verrait bien de quel bois il se chauffe.

Décidemment c’était le monde à l’envers, il regarda sa montre, 17h30, mais pourquoi son parc était-il vide ?

16.04.2009

l'attente

de nouveau l'attente nausée, le compte à rebours, les jours à l'envers

et l'énergie dépensée à ne pas y penser

de nouveau la peur qui s'insinue

et la douceur qui l'allège parfois sans la dissoudre

combien de temps avant la paix ?

 

 

13.04.2009

(8) Un peu avant 17h, le 4ème jour

Un peu avant 17h, le 4ème jour, on put voir des quatre coins du parc une foule souriante et silencieuse converger vers la pièce d’eau. Les enfants, traînants parents et nounous, les musiciens ,chargés de leurs instruments, les joggers, qui avaient été rejoint pas deux jolis joggeuses, les mamies et tout leur club de bridge, Elise, Léon et Pierre et une foule ailée où se mélaient aux pigeons et aux moineaux du départ, quelques merles et un perroquet échappé de sa cage. Le chat, lui, était là depuis le matin. Après la maraude de la nuit dans les poubelles du quartier, il s’était endormi en boule sur le fauteuil rêvant d’une jupe fleurie.

A l’heure dite, la voix arriva. Elle ne manifesta aucun étonnement à la vue de ses auditeurs rassemblés. Elle sourit aux uns et aux autres et se dirigea vers son fauteuil gardé par le chat au centre de l’assemblée.

Elle s’assit ouvrit son livre, et la foule se mit à vibrer.

Le silence s’étendit, jusqu’aux confins du parc.

Quelques passants qui longeaient la grille extérieure en furent étonnés. Il était étrange ce parc, il y régnait un étonnant silence. Enfin pas tout à fait, on entendait une voix limpide et claire.

Les plus pressés d’entre eux, se contentèrent d’hausser les épaules et de poursuivre leur chemin. Mais plusieurs obliquèrent vers la grille d’entrée, pénétrant parfois pour la première fois dans ce parc qu’ils contournaient chaque jour.

Le parc semblait désert, en avançant plus loin vers son centre guidés par la voix, il tombèrent sur une foule bigarrée et recueillie et trouvèrent à s’assoir sur le talus qui entourait la placette.

12.04.2009

regard

Elle le regardait en souriant,

et ses yeux reflétaient l'incrédulité et le ravissement

10.04.2009

(7) le lendemain quand elle arriva

Le lendemain, quand elle s'intalla, il y avait déjà foule. Tous étaient arrivés un peu avant 17h, ils s’étaient salués, comme de vieux amis. Les moineaux frottant le bec des pigeons, les joggers serrant la pince des grands-mères, les musiciens souriant à Elise et Léon et Pierre caressant le chat. Puis ils avaient repris la place qu'ils occupaient la veille.

 

C’était le jour des enfants au parc, ils avaient passé la journée à courir et à crier. Les papas, les mamans et les nounous s’étaient entassés sur les bancs autour du bac à sable.

Quand, à 17h, au moment où ils rangeaient les gouters, l’histoire commença, le silence se fit. Plus de cris de guerre, de rires ou de pleurs. Les enfants étaient soudain devenus muets. Les adultes s’en étonnèrent, se regardèrent et … entendirent la voix. Alors ils suivirent les enfants qui, comme un seul homme, se dirigeaient vers le centre du parc.

Autour de la pièce d’eau, ils vinrent grossir l’assemblée, s’asseyant sur les pelouses ou à même les graviers.

Le chat leva un moment la tête, mais un seul regard ne suffisait déjà plus à compter les présents, il se roula de nouveau en boule, décidemment elle sentait vraiment bon cette voix.

08.04.2009

(6) Le deuxième jour (suite)

Le plus vieux des deux, qui était contrebassiste et fin d’oreille, repris « non non, écoutes bien, il y a quelqu’un qui parle. D’où cela peut il venir ? »

Les deux joogers se dirigèrent alors vers l’origine de la voix comme on remonte un fleuve. Ils furent étonnés de ne pas en trouver la source à proximité. Tout cela était étrange, le volume de cette voix ne se modifiait pas à mesure qu’ils avançaient vers elle. Lorsqu’ils arrivent à proximité de la pièce d’eau ils virent la petite communauté déjà installée. Oubliant les kilomètres à parcourir ils allèrent s’assoir à côté des deux vieilles dames.

Peu de temps après ils furent rejoint par l’harmonie municipale au complet. On était mardi et le mardi il y avait concert au Square, à 19h. Ils étaient arrivés bardés d’instruments et vêtus d’uniformes bleus à passementerie rouge. Ils s’installèrent silencieusement sur les fauteuils restant et tout autour du bassin.

 

La voix continua l’histoire pour vingt cinq pigeons, trois douzaines de moineaux, un chat, deux enfants, une nounou comptable mais apprenti archéologue, deux petites vieilles, deux joggers aux baskets fluo et quinze musiciens.

Puis, à 18h, elle referma son livre, déposa le chat à ses pieds, sourit à l’assemblée et s’en alla.