10.05.2008

l'uni-vert

1797678708.jpgtorrents de verts

vert enroulé des fougères encore en pousse

1334286851.jpgvert étoilé des champs653870492.jpg

vert éclatant des frondaisons

vert presque noir des lières

vert tendre des feuilles presque fleurs

 

 

vert transpirant d'eau,ici tout est vert, la vie jaillissante, impudique

573186560.jpgle ciel ne semble être là que pour le souligner

mon regard fait provision,

 

 

 

suspendue

la mort suspendue, un temps encore

elle est certaine, acceptée et pourtant incongrue

le fil est ténu, pourtant on est encore dans le plein

le vide est encore pour demain

comment sera ce vide, 

respiration, désespoir ? 

 

 

07.05.2008

éléments d'apaisement

"Une réaction normale à une situation anormale serait une monstruosité..." il y a des mots qui pansent...

et puis aussi des gestes, qui font l'énergie vibrer, qui suscitent et accueillent,

et puis d'autres mots encore dans la nuit, graves et doux,

 

l'apaisement par les autres apaisants,

06.05.2008

nausée

la laisser partir et garder en moi le sombre

bientôt plus rien ne pourra le dénouer

je trouverai seule

se souvenir de toute la force et la rassembler, en un dernier effort

me taire une dernière fois

qu'est ce qui me sera regret demain ?

nuit sans signe

le verbe serait alors courage et le silence lacheté ?

s'être cru courageux, se découvrir lâche

le temps du choix se restreint

bientôt demain courage ou lâcheté seront passés et présents à jamais

rien ne dit, rien n'est écrit, aucun signe ne sera donné

 

05.05.2008

interdite

la mort rode, plus rien ne permet d'en douter, elle sera là dans peu de temps,

je suis interdite, incapable de réagir, j'oscille entre le sentiment de monstruosité et le dégout,

qui pourrait comprendre qu'il m'arrive encore de rire et d'être légère, que la plus grande douleur est de ne pas savoir souffrir ?

silence

je reprends le rythme de la ville

le soleil s'est installé

je suis le chemin du printemps, comme on emprunte une voie par défaut d'aucune autre

je tends l'oreille au moindre signe

rien ne semble vouloir se distinguer dans le brouhaha assourdi

 je vais doucement sans dessein

03.05.2008

fête d'â-côté

il y a fête dans la maison cube d'â-côté,

des rires, des tintements de verres

je suis partagée, entre le rejet et l'envie

comment étaient les fêtes ? je ne sais plus si je m'en souviens,

01.05.2008

pyrénées..

je retarde le moment du départ, le ciel m'en est reconnaissant et s'emplie de bleu,

je laisse la maison dormir encore

le tintement de l'eau dans l'abreuvoir s'inscrit en sonorité-souvenir

au loin le gave murmure sourdement

 

succession de terrasses en ma mémoire, celle-ci est toute de lumière

la cloche maintenant qui sonne l'heure il est bientôt temps de partir,

il y aura quelques agitations,

211259216.jpgles mines encore endormies seront un peu tristes

je n'inventerai pas tout de suite un nouveau jeu

cette mélancolie est douce

ils laissent ici une petite âme blanche née quelques jours avant mai,

ils emportent avec eux, l'émerveillement quand il est apparu dans la montagne sombre

leurs fous rires dans l'herbe haute quand ils ont joué à se bousculer

ceux là se parlent déjà, poulain de la montagne et enfants de la ville,

 

rien ici ne me semble antinomique de là-bas, montagne et ville reliées, par notre passage,

 

le moment,

saurais-je reconnaître le moment où 1703545157.jpg

ayant suffisamment renoncé,

je pourrais enfin construire ?

 

 

photo : Didier

déshabituation

733328542.jpgl'être peine à ne devoir être que partiel

chaque nouvel autre comme une mise en doute

effleurement plus qu'emportement,

l'absolu...

...mais contenu,

je vous aime rarement, ne devrais-je pas m'en déshabituer ?

photo : Didier

en descendant

ce qui vous semble victoire m'apparaît renoncement,

laisser le réel s'éloigner suivre la lame de fond révoquer la raison,

un fil ténu me retient encore

la chair a aussi fait chair, et celle-là se rappelle à celle-ci

vous allez bien à mon âme quand elle se colle à ma peau

mais mon coeur sait qu'il devra se replier

vous parlez d'absolu et il résonne en moi

mais votre absolu est parenthèse et votre ponctuation heurte la mienne

il me faudra descendre encore pour vous rejoindre

entre loup et chien

la masse des montagnes commence à se marquer sur un ciel qui ne sera pas bleu

le temps nous dit qu'il est temps de partir

un peu de tristesse m'effleure

il aurait fallu plus de temps pour que mon âme s'apaise,

je laisse ici une part douce

à l'abri,

29.04.2008

l'ombre du guetteur

Il venait souvent sur ces remparts

Quand la lumière était belle

il armait son appareil et photographiait la ville d’en haut

il aimait la saisir au petit matin ou dans la chaleur de l’après midi quand elle sommeillait

ce jour là son âme était un peu triste sans véritable raison, il n’avait pris qu’une ou deux photos et était redescendu

1279495820.jpgce n’est que le soir, en transférant ses photos, qu’il découvrit l’image. Cette ombre... cette ombre avait quelque chose d’étrange... il ne savait dire pourquoi mais il se coucha envahit d’une étrange mélancolie mêlée d’excitation.

Le lendemain matin, il travailla sans pouvoir se concentrer il ne cessait de regarder l’image cette ombre l’obstinait, elle lui parlait.

N’y tenant plus, à l’heure du midi, il se rendit sur les remparts, il se positionna exactement comme le jour précédent et ... elle apparut,

Il était un homme rationnel, cette ombre ne pouvait être que la sienne, que le soleil faisait naître sur la pierre...

Pourtant il ferma les yeux et l’image de l’ombre pris forme en lui, s'imprimant dans sa conscience,

le guetteur, oui... c’était l'ombre du guetteur !

l’ombre portée sur la pierre de tout temps, siècle après siècle

Il avait la certitude, sans se l'expliquer, que d’autres que lui étaient venus ainsi regarder la ville depuis les remparts, ils les sentaient en lui, regard après regard reliés par l’ombre, descendance d’hommes

D’autres guetteurs avant lui s'étaient tenus à cet endroit précis, ils avaient comme lui eut l’assurance de cette chaine d’union verticale plongeant ses racines dans l’histoire

l’ombre pour témoin...

il voyait par leurs yeux la ville se transformant s’étendant dans la vallée, les avenues s’élargissant, les sonorités montantes des paix et des guerres, les temps de misères et ceux des oublis,

les images se succédaient dans sa mémoire accumulée de guetteur, il en conçut un étrange apaisement, il regarda la ville comme jamais il ne l’avait vu, il se sentit plus Homme qu'il ne l'avait jamais été,

puis redescendit il garda pour lui sa découverte, comment auraient ils compris ?

peu de temps après il quitta la ville, il remonta une dernière fois au château, il pris comme chaque fois le chemin de ronde et il le vit,

un jeune homme, l’appareil photo à la main,

un autre guetteur était venu, il pouvait s'en aller

merci Pascal, pour cette image et son pouvoir à faire rêver

sonorités

Une cloche à toute volée, la voix d’un chien

Mon esprit de rêve peine à donner un sens à ces sonorités

Il choisit de m’éveiller,

Le son du dernier carillon résonne encore,

Je laisse ce réel autre m’envahir

Le chien s’est apaisé, un peu au loin de l’eau qui coule, l’image se forme de l’abreuvoir à quelques pas de la maison

Quelques sonnailles, les brebis n’ont pas encore rejoint les estives

Les sons se distinguent nettement dans l’air d’altitude,

Je quitte la chaleur du lit, le jour est levé, l’air encore frais

J’emporte mon café dehors pour emplir mon regard des montagnes autour, cet espace respire la sérénité

manipulation

Ainsi c’était le faible qui manipulait le fort,
Se penchant pour mieux le faire trébucher
Il rendait le fort embarrassé de sa force,

Le vivant s’excusait presque de l’être trop,
Trop gai, trop triste, trop émerveillé,
Il se contraignait au terne
Mais il ne l’était jamais assez

L’immortel était le faible
Le mortel était le fort
Mais comme il aimait à être mortel !

Le faible en fit de trop, le fort s'efforça de toutes ses forces de s'éteindre, il se découvrit fragile,
Et cette fragilité lui donna la force de mettre le faible à distance,

comme on fuit l'éteignoir,

28.04.2008

Tornac

580345244.JPGUne journée pour passer d’un monde à l’autre

La nuit déjà noire dans la vallée,

et ce petit fantôme presque blanc courant déjà aux flancs de sa mère

Né pour nous aux aurores de ce jour

Il ne connaîtra que la montagne

Il sera la part libre de nos rêves

24.04.2008

histoire à flots

Le premier choix sera celui de la saison,

L’été n’est pas approprié, il vous serait agréable, mais vous auriez du mal à être seul pour réaliser l’opération. L’automne est par trop triste et puis c’est saison de pluies et de gris, il vous faut de la lumière, pour la suivre longtemps des yeux. L’hiver est intéressant, les lieux seront déserts, les tempêtes propices, mais les jours sont courts et le froid risque de faire trembler vos mains alors qu’elles doivent être fortes et habiles. Alors retenons le printemps, vous y aurez la lumière et, si vous ne tardez pas trop dans la saison, les lieux seront calmes encore,

. 

Le second choix sera celui du jour, cela ne doit pas être un jour banal, vous risquez de vous en souvenir longtemps,

Un lundi ne conviendrait pas. Commence-t-on à changer de vie un lundi ? Mercredi, c’est le jour des enfants et il vous faut être seul. Un mardi ou un jeudi, ça n’a pas de sens, faux milieu, ni début ni fin de semaine. Dimanche est jour de promenade, il risque d’y avoir foule. Le samedi est un peu vulgaire,. Un vendredi serait bien, un jour d’avant vacances, d’avant liberté. Oui, disons, un vendredi…

. 

Puis vous aurez à choisir le lieu, avec soin. Il doit être désert, c’est impératif.

Il sera conforme à vos espérances; ont-elles des marges ? Alors vous choisirez la mer. Sont-elles sans bornes ? Alors seul l’océan vous satisfera…

La forme du rivage comptera également, il ne faut pas qu’il soit trop plat. Le mieux serait encore de vous procurer une carte marine, pour étudier les courants. Vous chercherez là où ils s’approchent le plus des côtes. Il faudra aussi éviter la trop grande proximité des ports. Il serait mieux que les flots soient déserts.

. 

Le jour réservé, l’heure aura aussi son importance; Il vous faudra vous munir d'un calendrier des marées, elles changent chaque jour. Vous élirez le juste moment de la pleine-eau, entre flux et reflux, le moment où l’onde semble immobile, où ,le va-et-vient interrompu, le courant latéral exprime sa pleine puissance,

Attention le moment est rare ! Si vous le manquez il vous faudra attendre une semaine de plus et, si la saison du printemps est trop avancée, vous risquez de perdre une année avant que l'instant ne se reproduise.

.

Vous vous rendrez alors dans une papeterie, vous la choisirez spécialisée en beaux papiers. Vous chercherez une matière brochée, il faudra qu’elle soit suffisamment souple, tout en étant résistante. Vous éviterez les couleurs, ou alors seulement une légère touche ivoire. Vous demanderez plusieurs feuilles, non que vous puissiez multiplier l'exercice, un seul vous sera autorisé, mais il y a fort à parier qu’il vous faudra quelques brouillons avant d’être satisfait,

Dans la même boutique, vous choisirez votre plume. Vous n’avez là, pas le droit à l’erreur, elle sera la part la plus décelable de vous-même, il vous faudra en essayer plusieurs, vous devrez être aimable avec le vendeur. L’encre ne pourra qu’être noire, ou d’un gris soutenu.

J’allais oublier, vous devrez également acquérir un ruban ! Le mieux serait qu’il soit rouge et en soie naturelle. De tranche large pour ne pas abimer le papier

. 

De plume, de ruban et de feuilles munis, vous choisirez un lieu pour écrire. Prétez y attention, il restera gravé dans votre mémoire.

Un banc public pourrait faire l’affaire, ou une chaise dans un parc. Mais vous avez choisi le printemps, souvenez-vous, il ne faudrait pas que vos feuilles se transforment en buvard pour giboulées.

Un café serait approprié, vous le choisirez peu passant, il vous faudra du calme. Le décor vous inspirera, il serait bien que les murs en soient anciens, ils auront la mémoire d’autres que vous. Vous commanderez du thé, le thé sied à l’écriture.

.

Alors vous commencerez à penser.

Le texte doit être court et précis. Il doit aussi donner à rêver. Vous ne commencerez à écrire que lorsque votre esprit aura formulé en vous les mots. Vous ferez quelques modèles. Heureusement vous avez plusieurs feuilles. Vous devrez absolument soigner votre écriture !

Puis vous roulerez le papier sur lui-même et l’entourerez du ruban.

. 

Restera alors une mission délicate. Il vous faudra chercher l’embarcation. Ses flancs devront être translucides. Elle devra être parfaitement hermétique, toute fortune de mer vous est interdite. Elle pourra être ouvragée, mais une plus modeste fera aussi bien l'affaire. Si ella a connu d'autres usages, vous la nettoierez avec soin.

.

Et puis le jour dit, à l’heure convenue, sous le soleil encore un peu froid du printemps, sur le rivage choisi de mer ou d’océan, là où le courant s’approche le plus de la côte, au moment où la marée est immobile… vous glisserez le rouleau enrubané dans la bouteille, vous la refermerez avec soin, vous vous approcherez de l’eau, puis vous reculerez de quinze pas, vous prendrez alors votre élan et, de toutes vos forces, vous jetterez la bouteille à la mer… Vous la regarderez alors voguer jusqu’à ce qu’elle soit emportée par le courant.

Puis vous rentrerez chez vous et patienterez calmement. Vous vous rendrez chaque vendredi, à la même heure sur le rivage et attendrez que le flot immobile reparte de l’avant. Vous resterez jusqu’au reflux.

. 

Vous reviendrez saison après saison, jusqu’à ce que celle que vous attendez, trouve la bouteille, l’ouvre, extraie le rouleau, fasse glisser le ruban, déroule le papier broché fin mais résistant, découvre la plume et l’encre, lise vos mots, et… s’émerveille… Puis qu’elle se rende dans une boutique, achète du papier et une plume, écrive d’une belle écriture douce et penchée… qu’elle est émue…. Et roule la feuille, l’enserre du ruban rouge, la glisse dans la bouteille, qu’elle calfeutrera avec soin, retourne sur le rivage un vendredi, choisisse le moment où la marée est suspendue, s’approche de la mer, recule de quinze pas, et lance l’embarcation dans le courant de toutes ses forces

Et un vendredi, à l’heure montante de la marée, vous verrez les vagues ramener vers vous cette drôle de bouteille translucide que vous aviez mis tant de temps à trouver.

. 

Vous l’ouvrirez fébrilement, noterez immédiatement que le papier n'est pas de même facture que le votre, alors, de vos mains tremblantes, vous ôterez le ruban, déroulerez la feuille… et lirez les mots de votre déjà bien aimée…

 

 

 

23.04.2008

belle âme

la nuit fut à la déconstruction, au désorientement, au presque désespoir, le sable dans l'onde tourmenté,

le matin me trouva vide de sens, l'eau trouble encore

la journée se déroula, le soleil doucement perçant le flot s'éclaircissant,

la soirée s'approchant le coagula s'achève, le limon s'est posé

la force recomposée,

les choses à leur place,

la douceur à la sienne, la réalité aussi,

me reste le bonheur d'une belle âme rencontrée,

 

 

22.04.2008

imprudence

il aurait fallu que tu ne sois pas trop doux, que tu garde la distance,

il aurait fallu que tu la traites avec légèreté,

tu n'aurais pas trop dû lui parler

ne pas l'écouter non plus

elle aurait été plus prudente

elle t'aurait regardé de loin

elle t'aurait prété une oreille distraite

vous vous seriez quitté légèrement,

tu serais passé à autre chose,

elle t'aurait à peine gardé en mémoire

 

équidistance

comme la violence est parfois proche de la douceur, la joie l'est de la tristesse, de la même nature, juste une nuance, un éclairage les sépare, l'orientation de la flamme,

je me sens à équidistance,

21.04.2008

secret

je laisse aller en moi le doux murmure, la légère impatience,

je fais silence comme on fait silence dans un lieu sacré, un peu intimidée,

comme on tait un secret partagé,

je frôle du bout des doigts la forme créée, fragile,

rêves d'emportements, de joies,

que je tente d'assagir,

 

nuit troublée

la vibration de la  nuit est restée en moi,

le matin me trouve silencieuse, attentive, écoutant le murmure,

comme on dessinerait dans l'espace une forme du bout des doigts,